Puisqu'on parle du Pré Catelan, je confirme que c'est bien.
J'y ai dîné la semaine dernière avec ma copine et on n'est pas près d'oublier.
Déjà, le décor est superbe. Le restaurant est niché au cœur du bois de Boulogne, dans un cadre bucolique et boisé. (Bon, il faut juste faire abstraction des J9 garés un peu partout avec des boas accrochés au rétroviseur, mais sans ça Paris ne serait pas Paris.
)
Dès l'entrée dans les lieux, on est frappé par la beauté de la salle Napoléon III et de son superbe plafond classé signé Caran d'Ache.
Le vert domine, et juste après la grande salle et ses immenses tables, il y en a une plus petite où le maître d'hôtel nous a installés, près d'un joli sapin de Noël argenté.
À peine assis, on découvre le programme de notre dîner : le menu du Pré avec alliance mets et vins.
Le sommelier arrive avec un chariot rempli de seaux de champagne. Il nous demande si on préfère un rosé ou un blanc.
Ma copine opte pour un rosé, on lui sert un Roederer 2008.
J'opte pour un blanc, on me laisse le choix entre un Pierre Gimonet Blanc de Blancs ou un Dom Pérignon 2006.
Après une petite hésitation (miam le blanc de blancs), je choisis le Dom Pé.
Sans surprise, le champagne est excellent.
Ma copine n'est pas trop champ donc elle me laisse la moitié de sa flûte.
Puis les choses sérieuses commencent.
On nous apporte une petite mise en bouche : un potage velouté à la truffe noire qui exhale une délicieuse petite saveur boisée de champignons, très fin, très léger, un régal (pas de photo, désolé).
On enchaîne avec le crabe au caviar (sans doute du Baeri ?), présenté dans une boîte de caviar estampillée "Le Pré Catelan" dont il suffit de soulever le couvercle pour découvrir une petite merveille reposant sur un lit de glace.
Le sommelier nous sert un Chablis remarquable en accompagnement, et en regardant la longueur du menu, on comprend vite qu'on ne pourra jamais tout boire.
On se résigne donc à se contenter de quelques gorgées dans chaque verre, sinon on ne tiendra même plus debout au moment de l'addition.
Ensuite, on nous sert un joli "risotto aux perles du japon", cuisiné avec du tapioca. Là encore, les saveurs automnales de champignons dominent, le plat est parfaitement équilibré, tant au niveau des saveurs que de la quantité, c'est parfait.
En arrière-plan, on peut voir un palet de beurre salé sur lequel est inscrit "Pré Catelan", un beurre fermier de Vendée de grande qualité auquel j'ai mis une sacrée claque, en bon drogué du beurre que je suis.
Une remarque au passage : ce qui m'a le plus impressionné dans ce restaurant, au-delà de l'excellence de la cuisine, à laquelle on s'attend de toute façon, c'est l'excellence du service. Je n'avais jamais vu ça ailleurs.
Dès la seconde où il manque un petit pain, un palet de beurre, ou n'importe quoi d'autre sur la table, quelqu'un arrive et apporte ce qui manque, en toute discrétion, sans même qu'on remarque sa présence.
Un autre point très positif : contrairement à ce que je craignais, le service n'est pas du tout guindé. Le maître d'hôtel, le sommelier et l'ensemble du personnel ne sont jamais coincés, obséquieux ou trop protocolaires. Ils sont toujours avenants, souriants et décontractés, n'hésitant pas à blaguer tout en s'adaptant parfaitement à leurs interlocuteurs. Voyant qu'on était plus jeunes et moins "XVIème" que la table d'à coté, ils se sont montrés beaucoup plus détendus avec nous, et on a vraiment apprécié cette intelligence qui a compté pour beaucoup dans le plaisir qu'on a eu à dîner là-bas.
Après le risotto, la langoustine en ravioli et sa crème de foie gras. Un pur délice. Je donnerais mon âme au diable pour savoir faire des sauces aussi parfaites : des saveurs subtiles mais franches, sans toutefois qu'aucune n'écrase l'autre. De l'art, du grand art.
Le sommelier a accompagné ce petit chef d’œuvre avec un vin blanc de folie, un vin grec si je me souviens bien (je commençais à être bien chaud, là
).
Ça aussi, c'était super : les vins étaient aussi excellents qu'originaux et variés. Pas les sempiternels Bordeaux-Bourgogne, comme trop souvent.
Après, on a pris une grosse grosse claque avec le plat qui nous faisait pourtant le moins saliver a priori : le cabillaud aux algues, beurre aux zestes de citron vert et son embeurrée de pommes de terre.
Ma copine a horreur du poisson et elle a du mal avec tout ce qui vient de la mer en général. Donc quand j'ai vu cabillaud + algues, je ne l'ai pas trop senti.
Surtout que le cabillaud, c'est bon, mais ce n'est pas un poisson particulièrement prestigieux.
Eh bien Le Pré Catelan a transformé le plomb en or, au point que c'est le plat qu'on a préféré tous les deux.
Une cuisson parfaite de chez parfaite, une texture fondante avec juste ce qu'il faut de fermeté, un goût délicat, pas trop iodé, une sauce à se damner (encore une fois). Et l'embeurrée avait un goût incroyable.
C'était tellement une tuerie que j'ai demandé au maître d'hôtel comment ils avaient cuit ce cabillaud, soupçonnant une cuisson sous vide basse température.
Et j'avais vu juste. Il m'a répondu que le poisson avait été cuit sous vide en BT mais il n'a pas voulu me donner la température et le temps de cuisson exacts. C'est de bonne guerre, je comprends qu'ils gardent leurs secrets.
(Oui, le beurre a encore diminué
)
Pour continuer, on nous a servi une volaille fermière avec un superbe vin corse, un Granit, qui se mariait à la perfection avec cette viande fort goûteuse et sa délicieuse sauce aux saveurs de champignons.
À ce stade, nos estomacs commençaient à crier grâce, mais le moment était venu de déguster le plateau de fromages.
Autant dire la partie du repas que je préfère et que je ne raterais pour rien au monde.
On fait rouler devant nous un chariot couvert de dizaines de fromages à l'affinage parfait, je n'avais jamais vu un plateau de cette taille, c'était tout bonnement gargantuesque.
Bien que mon ventre fût au bord de l'explosion, je n'ai pas pu me retenir de prendre un morceau des plus beaux fromages, que j'ai dégustés du plus doux au plus fort. Pour couronner le tout, le sommelier arrive et nous sert un Pomerol succulent, bien qu'un peu costaud pour moi vu mon état (14,5° c'était chaud pour une fin de repas !
)
Les meilleurs d'entre vous auront reconnu de la fourme d'Ambert, du Langres, du camembert, une flaque d’Époisses (
) et du comté.
Hors champ, dans l'assiette de ma copine, un chèvre doux et de la tomme au vin jaune dont j'ai finalement hérité, ma douce n'en pouvant plus.
Histoire de nous achever, on nous apporte enfin des mignardises et la fameuse pomme en sucre soufflé de Chrystelle Brua, pomme que je rêvais de manger depuis des lustres. J'étais trop content qu'elle soit au menu !
À l'intérieur, crème glacée au caramel, cidre et sucre pétillant (ça pétille vraiment, j'ai adoré ! Et ce goût de cidre !
)
Après tout ça, il restait tout juste une petite place pour un café, qui lui aussi était particulièrement excellent. Ça devait pas être du Nespresso.
Pour ce qui est de l'addition, on en a eu pour 532 euros "seulement", grâce à Vente Privée.
Le menu du Pré avec l'accord mets et vins, qui est normalement à 380 euros par personne, nous a coûté 266 euros chacun, soit une économie de 228 euros au total.
Ceci fait, il ne nous restait plus qu'à rouler jusqu'à la voiture, dont j'ai tendu les clés à ma copine. Moi, j'étais rond comme une queue de pelle, mais heureux !
Pour résumer, c'était de loin le meilleur restaurant qu'on ait jamais fait, non seulement au niveau du cadre et de la cuisine, mais aussi et surtout au niveau du service, d'une efficacité et d'une discrétion hallucinantes.
Donc, golden alerte qualité pour le Pré Catelan, où on n'hésitera pas à revenir prochainement.
En attendant, on dîne la semaine prochaine chez Georges Blanc à Vonnas.
J'ai hâte de voir ce que ça va donner, et on ne risque pas d'être déçus, mais je vois mal comment ça pourrait surpasser le Pré Catelan.
La cuisine de Frédéric Anton et Chrystelle Brua servie par une équipe aussi professionnelle dans un cadre aussi magnifique, pas facile de faire mieux.
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