On a fait un petit saut à Vonnas chez Georges Blanc la semaine de Noël.
Après des heures d'autoroute, on arrive en fin d'après-midi dans le village dont l'activité est visiblement axée autour du fameux restaurant et de son histoire.
Le temps de poser les bagages et hop, on se présente à la réception à 19h30
(avec la ferme intention de prendre discrètement quelques photos pour le topic
).
On nous accueille et on nous conduit dans un grand patio chaleureux où on nous sert un apéritif maison.
L'apéritif maison est pas mal, petite déception quand on m'explique qu'il est fait avec du crémant, certes du bon, mais du crémant quand même quoi.
Mais bon, le petit goût de fruits rouges est sympa et tout ceci est bien rafraîchissant.
On nous sert également quelques amuse-gueule, de gauche à droite une raviole de langoustine si je me souviens bien, un escargot à l'ail et une petite bouchée pain d'épice-foie gras. C'est très bon : ça commence bien.
On nous présente ensuite le menu "Images de Vonnas" qui est plutôt engageant.
Puis on passe à table. Le restaurant s'avère très spacieux, on suit le maitre d'hôtel à travers une grande salle et on arrive dans une salle plus petite et moins éclairée où l'ambiance me plaît mieux : plus chaleureux et intimiste.
On découvre notre table, où la fameuse poularde de Bresse, spécialité emblématique de Georges Blanc, est omniprésente.
Mais c'est juste pour le décor. Très vite, on nous apporte l'huître au caviar dont je me délecte d'autant plus qu'elle est accompagnée d'un Puligny-Montrachet délicieux, mais vraiment, vraiment excellent.
Le service est impeccable, à la seconde où quelque chose vient à manquer, on nous l'apporte aussitôt avec le sourire et un petit mot gentil.
Arrive l'embrouillade de grenouilles et de truffes, qui de prime abord, me laisse circonspect. Je trouve l'aspect peu engageant, la couleur est sombre, l'assiette est comme hérissée de cuisses de grenouilles, ça a l'air bizarre.
Mais à la première bouchée, je révise mon jugement car c'est une explosion de saveurs indicible : la puissance de la truffe, manifestement de très bonne qualité, donne au plat un goût succulent. On termine l'assiette en roulant des yeux tellement on se régale.
Désolé, sur la photo j'avais déjà un peu ravagé le bord de l'assiette, j'aurais dû prendre une photo immédiatement mais j'ai oublié.
Passé cette embrouillade mémorable, on nous sert des noix de St-Jacques à la courge butternut avec des rondelles de truffe noire et une sauce à la vanille de Tahiti totalement démente. Nouvelle orgie. On nous sert un vin blanc sublime, Or d'Azé domaine d'Azenay, produit avec des vignes achetées par Georges Blanc.
Monsieur Georges Blanc himself vient alors nous rendre visite et nous demande gentiment si tout se passe bien. Inutile de préciser que la réponse est oui. Il nous dédicace même le menu en dessinant une belle poularde.
Ensuite, claque monumentale avec l'éclaté de homard au vin jaune et aux morilles. Je savais même pas qu'un plat pouvait être aussi bon.
La saveur acide de la sauce relevée d'oseille se marie à la perfection avec le homard et les morilles, une tuerie absolue.
À ce stade, je commence à caler. Entre les vins, l'eau et les plats, je dois faire une escale aux toilettes. Aussitôt arrivé, juste en face des toilettes messieurs, je découvre ce spectacle.
Suite du menu avec la poularde de Bresse sauce au champagne avec des crêpes vonnassiennes. Excellentissime, mais je regrette de ne pas avoir plus faim. Néanmoins c'est tellement fin que je parviens à tout manger sans problème en prenant mon temps et en faisant passer tout ça avec quelques gorgées d'un délicieux Nuits-Saint-Georges.
À noter que les petits légumes glacés sont succulents aussi.
Cette fois, on commence vraiment à être rassasiés, mais il faut se ressaisir car on nous apporte un dessert absolument divin : la mosaïque d'hiver ananas-passion.
C'est léger, c'est joli, c'est frais, les saveurs de fruits sont très présentes et il n'y a aucune sensation de gras qui pourrait venir nous porter un coup de grâce à ce stade du dîner. Servi avec un Muscat dont je me souviendrai longtemps.
Les mignardises (là j'avais déjà mangé les autres mais ça vous donne une idée)
Après ça, vous l'aurez deviné, on est full.
Mais ils nous apportent encore des chocolats maison. Qu'à cela ne tienne, on les dévore.
Pour finir, on retourne prendre le café dans le patio, et le maître d'hôtel nous prie de nous laisser tenter par des macarons en accompagnement.
Ils sont bons, mais je parierais volontiers qu'ils ne valent pas ceux de Poogz.
Une petite vue du patio en fin de soirée.
Pour finir, on regagne la réception tranquillement en regardant dans le couloir les centaines de photos de Georges Blanc avec une pléiade d'hôtes illustres.
Et on règle l'addition : 462 euros pour 2 couverts.
Les + :
- Service de très haut niveau
- Cuisine excellente, raffinée et très travaillée
- Cadre chaleureux et personnel aimable
- Accord mets-vins très judicieux
- Georges Blanc joue le jeu et paie de sa personne en venant saluer les clients et dédicacer la carte, etc, ce qui contribue à une bonne ambiance
- Prix raisonnable en regard de la prestation fournie, mais il faut noter qu'on avait 30% de réduc grâce à vente privée, sans quoi ça aurait été moins intéressant.
Les - :
- Loin de Paris
- Le côté un peu "Disneyland" du village où tout tourne autour de Georges Blanc, LA figure locale. Les bâtiments voisins un peu "néo-classiques" genre "faux Versailles", etc...
- Pas de plateau de fromages dans le menu
En résumé, on a été surpris par le niveau exceptionnel de la cuisine, et contrairement à ce que j'attendais, j'ai trouvé ça encore meilleur qu'au Pré Catelan.
Ici, on sert une vraie cuisine de terroir, le cadre est chaleureux, les portions sont généreuses, ça sent la bonne chère.
Alors qu'au Pré Catelan, on est plus dans la technicité extrême, le service est exemplaire, le cadre est superbe et très classe, mais plus froid, la cuisine est d'un niveau stratosphérique, mais du coup elle perd un peu en "humanité", je trouve. L'ambiance est vraiment très différente.
Si on a l'occasion, on y retournera sans hésiter. Une adresse à recommander.
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