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  [Horlogerie] Les montres /!\ CB /!\ Lire la page 1.

 


 

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[Horlogerie] Les montres /!\ CB /!\ Lire la page 1.

n°24776849
ilium
Candeur et décadence
Posté le 02-12-2010 à 10:07:14  profilanswer
 
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Dans la série des Seamaster, les modèles Aquaterra m'ont toujours beaucoup plu. Du chrono de régate aux versions plus classiques, j'aime cette série à cheval entre 2 mondes, à la fois sportive et habillée. Et cette version dotée d'un cadran dit "teck" et du nouveau calibre Omega m'a immédiatement tapé dans l'oeil.
 
http://pics.abnihilo.org/ilium/hfr/at1.jpg
 
Boîte / lunette / couronne :
 
41.5mm de diamètre (il existe une version 39mm) pour 13mm d'épaisseur, mensurations assez standard qui en font une montre portable par tout le monde. C'est le boitier lyre habituel chez Omega donc pas de grande originalité de ce côté.
 
Saphir bombé sur le dessus et traité anti-reflets, ce qui est une bonne idée car bombé sans anti-reflets, c'est pas terrible pour la lisibilité. La lunette est polie pour donner un style habillé, simple mais efficace.
 
Fond vissé transparent pour admirer le mouvement qui, ça tombe bien, vaut a priori le coup d'être vu, même si, automatique oblige, le rotor fait qu'on ne voit finalement pas grand chose.  [:tinostar]  
 
Couronne vissée assez large et confortable avec un joli crantage. Remontage manuel possible donc. Le tout est étanche à 150m ce qui fait qu'on peut la sortir en dehors du bureau.
 
http://pics.abnihilo.org/ilium/hfr/at10.jpg
 
Cadran / aiguilles :
 
Le cadran est un des points fort de la montre: gris avec des barres sensées rappeler le pont en bois d'un navire, d'où le "teck". Pas franchement classique mais moi j'aime et je trouve que c'est une grande réussite avec un cadran riche sans être chargé, qui change de couleur suivant la lumière (d'intensité serait plus juste car il n'y a pas d'irisations) et qui a de beaux effets d'ombres. Ils ont eu la bonne idée de ne pas mettre trop de littérature dedans même si encore moins restait possible.
 
Index appliqués, assez proéminents, chargés de luminova, en forme de triangle, un style à eux très cohérent avec le reste. Guichet de date dans le même style et plutôt bien intégré à 3h, un peu profond peut être si je devais chipoter.
 
Aiguille triangulaire pour les heures avec luminova, aiguille flèche pour les minutes avec luminova sur la pointe, trotteuse fine avec triangle changé de luminova et pointe. Les aiguilles ont des alternances poli / brossé de toute beauté. Rien à dire, c'est plutôt réussi et ça va bien avec le cadran.
 
Néanmoins, les aiguilles des heures et des minutes auraient pu être un peu plus longues. Autre petit loupé: la montre dans le noir. Le luminova sur les aiguilles fait que ça ne ressemble à rien: l'aiguille des heures devient très courte et celle des minutes se retrouve réduite à la pointe de flèche. Pas très lisible tout ça. :/
 
http://pics.abnihilo.org/ilium/hfr/at4.jpg
 
Bracelet :
 
Métallique, plein (maillons d'extrémité aussi), plat et droit, simple, finition brossée dessus-dessous et polie sur le côté, boucle déployante papillon plutôt élégante et qui donne une impression d'unité au bracelet. De mon point de vue, c'est un des plus beau bracelet métallique habillé que j'ai pu voir: à la fois simple et élégant. En plus, ils ont eu le bon goût de fournir 2 demi-maillons pour l'ajuster finement. Les maillons amovibles sont fixés par des goupilles bloquées de part et d'autre par des vis: bien vu pour les vis mais quand on ajuste il faut dévisser des 2 côtés pour pouvoir pousser la goupille donc si esthétiquement ce n'est pas désagréable, d'un point de vue pratique, on fait mieux.
 
http://pics.abnihilo.org/ilium/hfr/at9.jpg
 
Calibre :
 
Un 8500 de chez Omega, sorti en 2007 et marquant le retour de la marque aux calibres de manufacture. Ce terme est complètement galvaudé et relève souvent plus du marketing qu'autre chose mais il n'empêche: Omega a fait plus que rajouter son échappement co-axial et bricoler 2-3 trucs sur un ETA et ça, c'est plutôt une bonne nouvelle.
 
Que dire de ce mouvement si ce n'est qu'il est bien décoré avec des côtes de Genève cintrées, finition 100% rhodiée, vis noires. Ce n'est pas de la haute horlogerie avec des anglages fait main mais c'est très propre.
 
Niveau technique, un calibre qui bat à 25200 oscillations par heure (soit 7 oscillations par seconde), équipé d'un double barillet (qui apporterait une plus grande stabilité de la source d'énergie et une réserve de marche de 60 heures) et le fameux échappement co-axial, qui équipe la quasi-totalité des Omega récentes. Le calibre est COSCé et semble précis car les exemplaires que j'ai pu voir tenaient moins d'une seconde de décalage par jour (méthodologie discutable j'en conviens). Dernière innovation du calibre: un balancier-spiral libre et
sans raquette pour les réglages qui apporterait une plus grande précision là encore. Il semblerait que les dernières version de ce balancier-spiral soient en silicium ce qui serait encore vachement plus mieux mais ça ne concerne a priori pas le 8500 (pas encore?).
 
Originalité du calibre: son second cran qui permet un réglage sans stop seconde par saut d'heure avant - arrière qui fonctionne aussi pour le saut de date (on peut donc reculer la date). Ce saut d'heure en fait une montre de voyageur. Par contre, pour le réglage de la date, 15 jours de décalage (le maximum), ça fait 360 sauts d'heure... on fait plus pratique. Heureusement qu'on peut reculer ce qui limite l'impact dans certains cas.
 
http://pics.abnihilo.org/ilium/hfr/at3.jpg
 
Conclusion :
 
Au final, une de mes montre préférées en raison de son côté à la fois sportive et habillée, avec une vraies personnalité sans être trop originale non plus, avec des finitions excellentes, des défauts mineurs, le tout équipé d'un calibre de manufacture et dans une taille portable facilement. Bref, une montre à l'aise dans toutes les situations et sans être insipide ce qui est parfois le risque des compromis. Je suis sous le charme...
 
Prix officiel : 3550 euros (son prix "objectif" au vu du second marché serait plutôt de 2500-3000)
 
http://pics.abnihilo.org/ilium/hfr/at2.jpg
http://pics.abnihilo.org/ilium/hfr/at5.jpg
http://pics.abnihilo.org/ilium/hfr/at6.jpg
http://pics.abnihilo.org/ilium/hfr/at7.jpg
http://pics.abnihilo.org/ilium/hfr/at8.jpg
 

Spoiler :


Paragraphe superflu à usage du dredi...
 
L'échappement co-axial :
 
Un peu de technique : http://www.horlogerie-suisse.com/E [...] Chap11.htm
 
Je profite de l'occasion pour un petit apparté sur l'échappement co-axial apparu en 1999. Je laisse la technique à ceux qui savent mais l'idée, outre l'aspect marketing a priori intéressant de faire une innovation qui permet de se démarquer de ses concurrents et de donner un côté exclusif à ses calibres, était d'avoir un système avec moins de frictions donc plus stable donc plus précis, et des entretiens plus espacés que pour les échappements classique (à ancre). Après un peu plus de 10 ans d'existence, il semblerait que le pari ait été au moins partiellement gagné par Omega: ce n'est sans doute pas une révolution dans le monde de l'horlogerie mais ça offre une alternative aux échappements classiques.
 
Au niveau des défauts, quelques critiques émanant de personnes qui savent ce qu'elles racontent, méritent qu'on s'y arrête:
-d'abord, on reproche à cet échappement le fait qu'il soit très délicat à entretenir car tolérance de quelques microns sur les ajustements. Il sera donc exclusivement entretenu par Omega et il faut a priori oublier l'idée qu'un petit horloger indépendant puisse intervenir dessus. Pas un bon point donc même s'il faut noter au passage que ça va dans le sens de la stratégie de la marque consistant à reprendre la main sur la distribution et l'entretien de ses tocantes (ce qui est un peu inquiétant pour l'avenir).
-ensuite, on lui reproche sa cadence: la précision est a priori plus grande avec les calibres à 8 ou 10 oscillations par seconde et surtout la course de la trotteuse est plus fluide et là ce sont des calibres à 7 oscillations par seconde. Dans les faits, certes c'est un peu moins fluide mais au niveau précision, il semblerait que ce soit au moins aussi bon que les calibres non co-axiaux. Match nul donc.
-enfin, on lui reproche des problèmes de fiabilité: les premiers 2500 ont connu plusieurs révisions et c'est à cette occasion qu'Omega est passé de 8 oscillations par seconde au début (comme avec les anciens calibres), à 7 oscillations par seconde. Il n'empêche: cela semble être du passé, l'échappement semble fiable et stabilisé et rien de permet aujourd'hui d'affirmer le contraire.
 
Alors que penser de cet échappement? Comme écrit ci-dessus, je pense qu'Omega a réussi un coup pour eux, leur permettant de se distinguer de leurs concurrents mais ça risque fort de ne pas marquer l'histoire de l'horlogerie. Bref, niveau précision et stabilité, s'il n'est pas meilleur que les autres, il n'est en tout cas pas moins bon. Pour la fiabilité, sachant qu'Omega garantit ces calibres 3 ans contre 2 ans pour les autres, même si le marketing est passé par là, on peut raisonnablement penser que le calibre est au moins du niveau des précédents.


 
Ah oui, taggrevue aussi. :o

Message cité 16 fois
Message édité par ilium le 03-12-2010 à 09:48:55
mood
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Posté le 02-12-2010 à 10:07:14  profilanswer
 

n°26074533
ilium
Candeur et décadence
Posté le 06-04-2011 à 15:53:19  profilanswer
 
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Je voulais d'abord poster ça le 1er avril pour lui donner la valeur que ça a vu que je teste 2 montres qui n'ont pas grand chose à voir, sauf les mensurations, et que je n'ai pas.  [:mister yoda]
Et puis je me suis dit que causer doctement d'un truc qu'on ne connait pas sur un forum, c'était raccord donc je me lance.  [:julm3]

 

http://pics.abnihilo.org/ilium/hfr/ps1.jpg
http://pics.abnihilo.org/ilium/hfr/ps2.jpg
(crédit pour le fond à Sebastiao Salgado)

 

Tests aux stérones (et taggrevue toussa... because je n'ai honte de rien).

 

A côté d'une montre classique ou élégante décontractée, l'idée d'une montre brutale, aux stéroïdes, sportive affirmée, pour avoir une toolwatch qui ressemble à une toolwatch fait son chemin. Au passage, cette image de la montre outil est une connerie vue qu'une montre grosse et épaisse n'est pas forcément plus solide et résistante aux mauvais traitements qu'une montre plus fine, son poids jouant contre elle.

 

En lice, il y en avait principalement deux :
-l'Omega Planet Ocean Chrono (POC)
-la Rolex Sea Dweller Deep Sea (SDDS)

 

Il y en a évidemment des dizaines d'autres et notamment dans les montres dites "militaires" comme Marathon ou dans les plongeuses chez Oris mais je voulais aussi quelque chose qui me fasse un peu de l'effet d'où ces 2 choix. Et puis de toute façon, c'est ma revue.  [:thalis]

 

En grosse plongeuse avec une très forte personnalité, il y avait aussi l'Omega Ploprof mais elle avait un profil tellement typé qu'il en était trop typé pour moi et que je l'ai écartée (et puis surtout, je n'avais pas de possibilité de m'en faire prêter une). Contre toute attente, pour l'avoir essayée récemment, elle est tout à fait portable. Je ne me fais cependant pas forcément à sa dimension globale et elle semble encore plus lourde que les autres (a priori annoncée à 55 x 48 mm par 17 mm d'épaisseur et pour un poids alentour de 290 g avec un bracelet mesh) mais il n'est pas impossible que je repense à elle un jour ou l'autre.

 

http://pics.abnihilo.org/ilium/hfr/ps3.jpg

 

Pour revenir à nos 2 plongeuses vitaminées, niveau mensurations et boitier, on ne peut guère s'y tromper, c'est imposant  (qui a dit importable?):
-45.5mm de diamètre, 18 mm d'épaisseur, bracelet acier en 22 mm et 243 g pour l'Omega
-43 mm de diamètre, 17.7 mm d'épaisseur, bracelet acier en 21 mm et 209 g pour la Rolex

 

A ce niveau, avantage assez net à l'Omega: elle est plus large, plus épaisse et plus lourde mais globalement beaucoup mieux proportionnée et découpée que la Rolex qui n'est finalement qu'un boitier de Submariner agrandi.

 

C'est d'ailleurs de mon point de vue le principal défaut de la SDDS : l'épaisseur d'icelle n'a rien de bloquant mais le profil du boitier fait que cette épaisseur peut choquer sous certains angles, en particulier du côté valve à hélium où la carrure totalement verticale et polie allant d'une corne à l'autre sans "cassure" n'est pas vraiment esthétique. Les chanfreins sur l'Omega
font toute la différence ainsi que le diamètre plus imposant qui réduit aussi un peu l'impression d'épaisseur de la montre.

 

http://pics.abnihilo.org/ilium/hfr/ps4.jpg
http://pics.abnihilo.org/ilium/hfr/ps5.jpg
http://pics.abnihilo.org/ilium/hfr/ps6.jpg

 

Niveau bracelet, bonne qualité générale pour les 2, maillons pleins, bracelets confortables. Avantage à la SDDS pour la boucle Glidelock de qualité remarquable et avec des possibilités de réglages intéressantes. Niveau esthétique en revanche, faiblesse des 2 côtés:
-celui de la POC est bien dimensionné et en rapport avec la montre mais la forme est un peu trop bombée et esthétiquement, quelque chose d'un peu plus plat et anguleux aurait sans doute mieux fonctionné.
-celui de la SDDS est un très bon Oyster mais il est un peu fin et comme il est échancré, il fait léger par rapport au boitier. Un bracelet droit (ou moins échancré) et un peu plus épais aurait été plus en rapport avec la montre.

 

Niveau calibre, c'est très différent car chronographe 3313 base Piguet 1285, échappement co-axial côté Omega, et 3135 de base chez Rolex. Pas vraiment comparable donc. J'aime bien le chrono en tout cas et je trouve que ça n'est pas déconnant sur une plongeuse. De l'autre côté, séduction d'un mouvement de manufacture réputé pour sa fiabilité.

 

http://pics.abnihilo.org/ilium/hfr/ps7.jpg
http://pics.abnihilo.org/ilium/hfr/ps8.jpg

 

Pour ce qui est des cadrans et aiguilles, du bon et du moins bon de chaque côté :
-côté POC, un cadran assez ouvert, mais chargé et avec des aiguilles qui n'arrangent rien. Elles font partie des codes de la Planet Ocean mais ce ne sont pas mes préférées chez Omega et on peut regretter leur manque de sobriété dans le cas d'un chrono.

 

Par contre, l'ensemble est assez cohérent et est tout de même assez beau. Petit bémol sur le cadran la nuit : pas franchement joli dans le noir en raison de ses index tronqués à 3-6-9-12 heures.

 

La lunette est efficace mais quelconque.

 

Pour couvrir le tout, un saphir légèrement bombé et traité anti-reflets (donc qualités et défauts classiques soit belle lisibilité car impression qu'il n'y a pas de verre parfois mais fragilité relative du traitement de surface).

 

-côté SDDS, un cadran finalement assez petit (le calibre est le même que pour les autres modèles), un classique Submariner avec des aiguilles dites "Mercedes" et les index habituels mais en plus grands. Ca se tient, c'est très lisible et ça n'est pas désagréable mais ça n'a rien de bien excitant non plus. Ils évitent cependant l'écueil de certaines plongeuses en faisant des aiguilles blanches énormes et il faut dire qu'elles gardent une certaine finesse... sauf pour les inconditionnels de la version antérieure qui auront certainement juste l'impression d'en voir une version gonflée.

 

Par contre, niveau défauts, pourquoi toute cette littérature dans le cadran et en particulier sur le réhaut (original gas escape valve etc.)? A l'usage, ce n'est pas forcément rédhibitoire et comme la loupe, certaines personnes l'oublieront (je m'y fais plus qu'à la loupe sur le verre) mais malgré tout, cela aurait été beaucoup mieux sans.

 

Autre défaut: il n'y a strictement aucun anti reflet et ça brille de tous les côtés.

 

Une lunette céramique entoure le cadran et pour le protéger, un magnifique saphir bombé très épais. L'ensemble lunette / saphir est ajusté et donne l'impression de ne faire qu'un et c'est sans doute l'élément qui apporte le plus de charme à la montre.

 

Au final, un cadran qui m'a paru beaucoup plus sympathique qu'en photo et dont les défauts m'ont moins choqué. En fait, la bague ouvre un peu ce cadran même si c'est de la triche car ce n'est pas le cadran lui même.

 

Alors que conclure? 2 grosses montres qui ne sont pas pour tous les poignets, qui ne seront pas vraiment confortables non plus ni des références en matière d'élégance mais 2 montres hors norme et intéressantes pour cette raison. L'Omega parce que c'est certainement un des rares chronos mécanique étanche et utilisable sous l'eau. La Rolex plus classique encore que ce soit un peu un OVNI pour la marque. Pour ma part, gros coup de coeur pour la SDDS malgré ses défauts et je dirais même que cette mal aimée, souvent qualifiée de loupée, d'être trop ceci ou trop cela, m'a plu et en partie aussi parce qu'elle ne fait pas l'unanimité.

 

http://pics.abnihilo.org/ilium/hfr/ps9.jpg

Message cité 8 fois
Message édité par ilium le 06-04-2011 à 16:46:16
n°27129132
ilium
Candeur et décadence
Posté le 15-07-2011 à 22:17:47  profilanswer
 
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taggrevue tout ça.

 

http://pics.abnihilo.org/ilium/hfr/nsa2.jpg

 

Une petit brutasse de luxe

 

L'histoire des montres de plongée est assez récente et c'est entre 1950 et 1960 que se créeront les modèles légendaires:

 

   * elle commence en réalité 18 ans avant, en 1935 avec une Panerai, montre militaire donc secrète et sur laquelle aucune communication ne sera faite à l'époque
    * il faudra attendre 1953 pour avoir les premières montres de plongées "publiques", la Blancpain Fifty Fathoms et la Rolex Submariner
    * en 1955, Omega sort sa Seamaster
    * en 1959, Jaeger & LeCoultre sort la DeepSea, la première plongeuse avec alarme
    * en 1961, Vulcain sortira sa Nautical, seconde montre de plongée avec alarme sans doute plus une vraie montre de plongée (encore que le marketing n'était pas ce qu'il est aujourd'hui)

 

Pour revenir à JLC et ses plongeuses avec alarme:

 

   * en 1959, c'est la Deepsea, basée sur le calibre 815 qui verra 1061 exemplaires produits jusqu'en 1962
    * en 1965, sort la Polaris, à l'étude depuis 1962, qui sera la plongeuse avec alarme emblématique de JLC et qui sera fabriquée jusqu'en 1970 avec une variation en 1968 (calibre 825, 1714 exemplaires produits)
    * de 1970 à 1972, ce sera la Polaris II équipée du calibre 916 (1120 exemplaires produits)
    * 30 ans plus tard, en 2002, la Memovox Compressor sera la première héritière moderne de ces plongeuses avec alarme
    * en 2008, JLC sort la Tribute to Polaris en 2 modèles, 1965 et 1968, hommages en éditions limitées faits pour les collectionneurs et conformes aux 2 variations de la première Polaris (calibre 956, 768 exemplaires de la 1968, 165 exemplaires platine de la 1965, sous série de 65 exemplaires acier de la 1965 réservés à la boutique de Paris)
    * en 2009, c'est la Navy Seal Alarm (NSA), sujet de cette revue (calibre 956, édition limitée de 1500 exemplaires)
    * en 2011, JLC sort la Tribute to DeepSea, réédition conforme à la DeepSea de 1959 et déclinée en 2 éditions limitées, l'américaine et l'européenne, faisant référence là encore aux variations de l'époque (calibre 956, 359 exemplaire de l'américaine, 959 exemplaires de l'européenne)

 

La NSA est donc l'héritière de modèles emblématiques de plongeuses avec réveil. Elle aura une petite histoire elle même: le prototype était proposé avec logo gravé à l'intérieur du verre mais une incompatibilité technique entre ce marquage et le traitement anti-reflet intérieur fait que les 1500 exemplaires de la série limitée seront finalement livrés avec le marquage sur le disque d'alarme. C'est la seule différence avec le prototype.

 

Mais des versions spéciales existent:

 

   * En Espagne, une dizaine de collectionneurs discutent avec Aldao un revendeur de Madrid et se disent qu'ils pourraient obtenir une version conforme au prototype soit avec le verre gravé (et sans anti-reflet). JLC n'acceptera pas cette version officieuse mais acceptera une série très limitée officielle, dite Aldao, de 30 exemplaires. C'est un de ces exemplaires que j'ai pu tester.
    * La version spéciale espagnole fera des émules... à Beverly Hills: le revendeur local obtiendra une version dite Incursion de 19 exemplaires en or traitement PVD noir et 62 exemplaires en titane traitement PVD gris. Outre le verre gravé comme la version espagnole, elle a un disque d'alarme gris anthracite, une couture et une doublure intérieure orange ou jaune sur le bracelet, la pointe de l'aiguille des secondes, les index des secondes, et les flèches des couronnes compressor du même orange ou jaune. Au final, la version "or noir" a été abandonnée au profit d'une version titane traitement PVD noir, semble-t-il pour des raisons techniques.
http://indepth.watchprosite.com/img/watchprosite/jlc/91/scaled/jlc_image.1657391.jpg
      (crédit DRMW@Purists)
    * quelques illustres collectionneurs français en possèdent des exemplaires sans aucun marquage, ni sur le cadran, ni sur le disque. Il ne s'agit a priori ni de prototypes ni d'une autre série limitée car ils font partie de la série de 1500. Difficile de trancher, mais soit il s'agit juste d'une erreur (et quelle erreur...), soit d'un arrangement plus ou moins confidentiel. Quoi qu'il en soit, cela reste anecdotique et non officiel.
http://img4.hostingpics.net/pics/443533P1010861.jpg
      (crédit Christo@MontresMécaniques)

 

Faire des montres en utilisant l'image des Navy Seals (les commandos de marine américains) n'est qu'une idée marketing parmis d'autres même si elle fait débat. Personnellement, je trouve assez intéressant ce partenariat décalé par rapport à l'image plutôt feutrée de JLC. Mais à côté de cela, des exemplaires ont vraiment été confiés à des Navy Seals afin d'avoir des retours terrain. Ca reste un laboratoire, elle ne deviendra évidemment pas une montre de dotation et il reste peu probable, en dehors des exemplaires "labo", qu'un de ces commandos utilise une montre mécanique. Le partenariat est cependant cohérent avec la réalisation car cette montre imposante, sombre et mate, en matériaux légers, solides et discrets correspond à l'idée qu'on pourrait se faire d'une montre de plongeur militaire.

 

En revanche, la déclinaison Beverly Hills, introduisant de l'orange est déjà moins logique. Je ne parle pas de la version "or noir", finalement abandonnée, qui était franchement ridicule. La version espagnole reste donc la plus rare et la plus cohérente de mon point de vue... et ça tombe bien.

 

Mensurations et boitier :

 

C'est une montre imposante même si elle n'a rien d'extraordinaire pour une plongeuse moderne : 44 mm de diamètre, 17 mm d'épaisseur, entrecorne de 22 mm et poids de 165 g sur bracelet métal (merci le titane).

 

Bref, ce n'est pas une montre habillée ni pour tous les poignets. Cela étant, l'utilisation du titane la rend légère et confortable.

 

Le plus particulier, ce sont ses couronnes "compressor" avec clé de compression qui les verrouille et les rend étanches. Je ne remet pas en cause l'utilité du concept mais esthétiquement, ça ne plaira pas à tout le monde et ça les rend assez imposantes. Personnellement j'aime assez et ça colle bien avec la personnalité de la montre.

 

Le fond, presque plat, tient par 4 vis et possède le logo des Navy Seals. C'est la seule mention explicite sur la montre.

 

Au dessus, c'est du saphir plat (tatoué sur ce modèle) et le tout est étanche à 300m.

 

http://pics.abnihilo.org/ilium/hfr/nsa5.jpg

 

Cadran / aiguilles :

 

Cadran, index et aiguilles larges et lisibles, c'est une vraie montre de plongée. Chiffres des index 6-9-12 fortement inspirés des modèles Polaris originaux avec un soupçon de militarisation de la police. Le guichet de date est assez bien intégré mais sur 2 niveaux ce qui n'apporte rien sauf qu'on le voit un peu plus. J'aurais préféré plus discret. Le disque d'alarme est tout noir sauf le triangle du réveil (sur le modèle standard, c'est lui qui porte la marque et les différentes inscriptions).

 

Niveau aiguilles, c'est un modèle spécifique: elles sont larges, plutôt droites et anguleuses, un peu ajourées près du centre, avec une flèche pour l'aiguille des minutes. La trotteuse est blanche, avec la pointe rouge. On a évité le pire, à savoir les aiguilles façon Amvox avec celle des minutes assez phallique.

 

Niveau lunette, céramique sombre, index gris sauf le triangle de 60 minutes, unidirectionnelle à 60 crans. C'est très joli et plutôt fonctionnel, ça ne se raye pas... mais je pense que c'est illisible sous l'eau et comme la céramique est cassante, pas sûr que ce soit la plus adaptée à un vrai usage de plongeur.

 

http://pics.abnihilo.org/ilium/hfr/nsa9.jpg

 

Bracelets :

 

Elle est livrée d'origine avec 2 bracelets: un Nato (façon JLC) en bracelet secondaire et un bracelet principal à choisir lors de l'achat de la montre. Ils en proposent 4 :

 

   * un cuir noir (celui de la version Aldao), doublé nubuk, sur ardillon, assez qualitatif et très confortable (cf. photo de l'Incursion ci-dessus mais coutures noires)
    * un caoutchouc résolument sportif sur ardillon (cf. photo de l'exemplaire de Christo ci-dessus)
    * un bracelet titane sur boucle déployante très ingénieux et assez massif d'aspect
    * un bracelet caoutchouc articulé, sur le même modèle que le titane et sur boucle déployante lui aussi (je n'ai pas de photos).

 

Un cinquième existe, c'est le bracelet sport des Compressor avec fermeture velcro qui lui va plutôt bien. Avec le Nato, ça fait donc 6 choix possibles.

 

Que dire si ce n'est que la montre se prête bien au barbifiage et ça lui change complètement sa personnalité à chaque fois. Le problème est plutôt dans le prix des bracelets articulés car si les cuir et caoutchouc coûtent entre 200 et 300 euros (classique donc), les bracelets articulés coûtent eux 1700 euros pièce. C'est de très bonne qualité mais c'est bien le moins à ce prix.

 

Pour ma part, énorme coup de coeur sur le magnifique bracelet titane qui colle parfaitement à la montre (et que j'ai eu la chance de trouver à vil prix). Avec le cuir noir et le Nato, ça fait 3 déclinaisons officielles très sympathiques. Mais elle supporte aussi assez bien les cuirs sombres et les Nato / Zulu classiques.

 

Calibre :

 

C'est le 956, le dernier né des calibres réveil de chez JLC : 268 pièces, 23 rubis, 28800 alternances par heure, 45h de réserve de marche, rotor sur billes céramique, fonctions heures / minutes / secondes / date / réveil, stop seconde, remontage manuel, sonnerie par un timbre suspendu. Calibre de qualité, intégré à la plupart des réveils actuels, sur le papier il est séduisant.

 

En pratique, il l'est aussi et en particulier la sonnerie assez sonore et cristalline (ce n'est donc pas un criquet). Niveau précision il s'en sort bien puisque le mien tourne à +1 à 2 secondes / jour. Son seul défaut, c'est le rotor sur roulement à billes: c'est peut être plus solide et plus fiable mais c'est moins efficace et en usage bureau, on aura intérêt à bien la remonter quand on la sort de sa boîte sous peine de la voir s'arrêter.

 

La complication réveil, spécialité de JLC est sans doute une des mieux réalisée, amusante et même utile... même si en plongée, l'utilité reste sans doute à démontrer.

 

Conclusion :

 

On voit clairement que la montre a été conçue comme un outil et certains aspects fonctionnels, peut être au détriment de l'esthétique, le confirment. Elle est donc plutôt dans le ton avec le corps d'élite auquel elle est rattachée. Cela étant, elle n'échappe pas au mal actuel qui consiste aussi à intégrer des éléments dont la justification est purement esthétique ou dont l'aspect fonctionnel est très discutable et ça c'est moins raccord.

 

En même temps, qui aurait cru sérieusement que des commandos allaient être dotés d'une montre mécanique de ce type ou même que ses acheteurs allaient la brutaliser? Le terme de brutasse de luxe lui convient donc parfaitement : un ADN assez agressif, une montre relativement solide, toolwatch dans le sens que c'est une montre de tous les jours mais pas forcément pour faire du VTT de descente ou de la manutention d'équipement de plongée.

 

Bref, une montre intéressante, avec une forte personnalité et sans doute des tas de choses qui peuvent déplaire mais elle est cohérente et on peut dire que JLC a globalement réussi sa plongeuse réveil et qu'elle incarne assez bien l'idée d'une Deepsea ou une Polaris moderne. En tout cas moi j'aime et c'est bien l'essentiel... ;)

 

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Message édité par ilium le 06-09-2011 à 23:09:14

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