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  [Horlogerie] Les montres /!\ CB /!\ Lire la page 1.

 


 

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[Horlogerie] Les montres /!\ CB /!\ Lire la page 1.

n°26160048
supapictav​e
Embrouilleur
Posté le 14-04-2011 à 21:19:27  profilanswer
 
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Bon aller zou, taggrevue rapide.
 
http://uppix.net/f/a/7/31bdc55b500b80a12c61ba6058a76.jpg
 
On va donc causer de la Seiko Diver's 200 SKZ325K1, aka "Stargate" (voir les photos plus bas).
 
Rappel des forces en présence :
- Calibre: automatique 7S36, jour/date rapides, pas de hack, pas de remontage manuel, 21600bph, 23 rubis
- Hardlex Crystal
- Couronne vissée
- Etanchéité 200m, respect de la norme ISO6425 (à confirmer de manière officielle)
- Lunette à rotation unidirectionnelle, 120 clics, minutes graduées
- Bracelet métal 22m de large, boucle déployante avec extension de plongée
 
Dimensions :
Diamètre avec lunette : 42.5mm
Diamètre à la couronne : 46mm
Diamètre du cadran : 31mm
Corne à corne : 49mm
Epaisseur : 13.5mm
 
Poids : 182gr (bracelet adapté à mon poignet, 3 maillons en moins)
 
La montre a été achetée chez Creationwatches pour 181€ avec port FedEx. Pas de frais de douanes à l'horizon.
 
La Stargate est la nouvelle ligne des Diver's 200 chez Seiko, introduite assez récemment (quelque part autour de novembre/décembre 2010). Je cherchais une montre automatique, à l'allure sportive, solide, fiable, à un prix raisonnable. Les plongeuses Seiko entrent impeccablement dans ces critères, et cette nouvelle série à l'avantage (à mon goût) de ne pas être encore trop répandue, à tel point qu'il est parfois un peu difficile de trouver des infos précises dessus (sur la certif ISO par exemple).
 
Je ne connaissais absolument pas cette série et m'orientais plutôt vers une Seiko 5 SNZH "Fathom", notamment après la lecture de la revue de Gab plus haut dans le topic. Puis je suis tombé sur la Stargate et immédiatement de nombreux éléments ont attiré mon oeil. Je trouve cette montre blindée de petits détails qui lui confèrent une vraie "tronche" : lunette noire très saillante, cerclage poli entre la lunette et le verre, hardlex bombé, "chevron" proéminent à 12h sur la lunette, cerclage rouge sur la couronne, aiguille des minutes rouge, cadran à deux niveaux, forme du boitier qui épouse le poignet, alternances de finition polie/brossée...
On aime ou pas, tout n'est pas forcément très subtil (comme l'épaulement de la couronne qui provoque une asymétrie dans la ligne du boitier), mais ça ne laisse pas indifférent. Photo !
 
http://uppix.net/8/3/2/c4968b3891371fba3e59cdea79ddbtt.jpg
 
http://uppix.net/5/3/5/8306a13e086a7d750645389e95fa4tt.jpg
 
http://uppix.net/7/3/b/c7a48d526627cd2e461fc532718a1tt.jpg
 
http://uppix.net/b/7/1/99670dc27795aceb864dc90a2420ctt.jpg
 
http://uppix.net/9/7/c/101e8817ff877dbd75a182ddbb1b3tt.jpg
 
Au final ça fait une montre assez tarabiscotée niveau design si on accumule chaque élément, mais l'ensemble passe plutôt bien je trouve. Même si ce n'est pas un modèle de sobriété, elle n'est pas non plus trop tape à l'oeil. Parfait pour une montre de weekend/loisirs. J'aurais juste aimé plus de brossé et moins de poli sur le boitier.
La finition globale du boitier est bonne, pas au niveau des plus belles montres que j'ai manipulé bien entendu, mais à 180€ on ne va pas non plus faire preuve de la même exigence. La lunette n'a pas de jeu, les clic ne sont pas excessivement francs mais la manipulation est aisée, il n'y a pas de point dur dans la rotation qui est onctueuse. La finition de la lunette est assez surprenante, en effet les plaquages noirs rendent souvent une texture mate, ce qui n'est pas le cas ici. L'aspect serait proche de la céramique selon certains, je n'ai jamais encore eu la chance de croiser une Rolex ou une Omega céramique pour confirmer. Les marquages de la lunette sont en fait des gravages très peu profonds, peints en blanc.
 
Etant habitué au traditionnel SuperLuminova sur mes montres, le fameux Lumibrite a l'air d'être plus lumineux à temps de charge équivalent sous lumière artificielle. A voir s'il dure aussi longtemps, je verrai cette nuit. Le cadran est globalement avare en littérature, mais le guichet jour/date est beaucoup moins imposant que ce à quoi je m'attendais, bon point. Aucun risque de confusion à la lecture, chaque aiguille a un design très différent de ses consœurs. J'aime bien la concordance entre les niveaux du cadran et les aiguilles, le rond intérieur correspondant exactement à la surface couverte par l’aiguille des heures et la première partie en forme de flèche des secondes, le second niveau avec les index étant couvert par les minutes et la dernière partie effilée des secondes (si si, c'est très clair en fait, regardez attentivement les photos :D ).
 
Ajout concernant le Lumibrite : ce dernier est bien plus efficace que les habituels SuperLuminova, c'est indéniable. Il nécessite moins de temps pour être bien chargé, il reste lisible plus longtemps, et surtout nécessite une recharge très courte pour repartir quelques heures. Définitivement un très bon produit luminescent.
 
Je n'ai relevé que deux soucis avec le boitier :
- Le premier, anecdotique concerne les inscription sur le cadran. A 6h on trouve généralement un peu de littérature (Swiss Made le cas échéant, Japan Movement, etc.). Ici on devine la référence du mouvement dans une typo qu'il faut lire au microscope, mais surtout l'ajustement n'est pas très bon, et du coup l'inscription passe sous le réhaut. Ouais, bon, c'est vraiment anecdotique (voir photo), mais je suis maniaque.
http://uppix.net/b/d/3/e9fe1b1a22ffcb3c1c232c4176cd0t.jpg
- Le second, plus gênant, concerne la couronne. Sa préhension est moins aisée que ce que j'espérais, la faute à la lunette très saillante et à l'épaulement assez volumineux (sans avoir des boudins au bout des mains, mes doigts ne sont pas non plus très fins). Mais ce point d'ergonomie n'est pas excessivement critique. Le vrai souci c'est que la couronne une fois dévissée a pas mal de jeu, ce qui n'est pas très rassurant à la manipulation. Je vais redoubler d'attention à ce niveau.
 
Le fond de la montre est plein et vissé.
http://uppix.net/8/b/e/2838460cf38cc51f7bf057b3549e7tt.jpg
On peut notamment y voir la vague au large de Kanagawa, sûrement la plus célèbre des estampes de Hokusai, on trouve la référence du mouvement (7S36-04P0), la mention "Scuba Diver's 200m", le numéro de série ainsi que le "fer de cheval" à côté de la réf. du mouvement qui indique que le boitier a une protection antimagnétique. Il me semble avoir lu que le A0 juste à côté désigne le niveau de protection, mais je ne retrouve plus la source. Le manuel indique une résistance à 60 gauss (4800A/m). Mine de rien, certaines de ces indications ("Diver's Watch", profondeur, protection antimagnétique) sont obligatoires dans le cadre de la certification ISO de montre de plongée.
 
Le bracelet quant à lui a aussi une finition mixte polie/brossée, je ne suis pas un grand fan j'avoue, je préfère le tout brossé, mais c'est cohérent avec le traitement du boitier. Les maillons ont bien l'air d'être pleins et non pliés (les réflexions sur les photos sont trompeuses). La boucle déployante de sécurité est en tôle embossée assez épaisse, avec un double poussoir pour l'ouverture. Autant le bracelet en général fait un peu cheap, les maillons étant très légers, autant la boucle respire le sérieux, et la double sécurité est très rassurante. Le bracelet est doté d'une extension de plongée, qui rajoute 15 bons millimètres.  
 
http://uppix.net/b/a/c/719092918a6da1b51fef8c8d3a95ctt.jpg
http://uppix.net/0/3/a/881c3295535532867abd59adfe347tt.jpg
 
Les cornes de la montre sont percées, ce qui facilite grandement le changement de bracelet, je compte l'essayer sur un NATO à l'occasion. Autre point que j'ai relevé et qui me semble démontrer une conception bien pensée de la boucle, le fermoir avec marque "SEIKO" dessus vient se bloquer sur 2 tétons d'une pompe qui dépassent un peu sur les côtés de la boucle. Je ne suis pas certain d'être très clair (la photo du dessous sera peut-être plus parlante), mais sur les autres bracelets métal que j'ai, le fermoir se bloque juste grâce à deux tétons embossés de chaque côté, qui s'usent avec le temps. Ici les tétons étant les extrémités d'une pompe avec des ressorts, l'usure mécanique devrait je l'espère être moins importante dans le temps.
http://uppix.net/9/d/9/07da38f8878207e9b603633152ed2t.jpg
 
La manœuvre pour sortir les tiges afin de régler le bracelet est assez surprenante. En effet dans la section du milieu des maillons, on trouve une toute petite pièce dans laquelle passe la tige, pour maintenir le tout bien serré. Sans cette petite pièce la tige est totalement lâche, et donc risque de tomber à tout moment, libérant ainsi un maillon, la conséquence directe étant pour le porteur de voir sa montre s'éclater lamentablement la tronche sur le béton 1.50m plus bas. Or cette pièce indispensable au maintien de l'ensemble est ridiculement petite, et a tendance à vouloir se faire la malle dès que l'on veut libérer un maillon. Il faut impérativement éviter de perdre une de ces pièces ! Là encore, une photo pour plus de clarté :
http://uppix.net/2/c/3/095f06011fc7879d777191d846c11t.jpg
J'étais bien moi, en rampant le nez par terre dans mon bureau toute à l'heure pour remettre la main dessus...
 
La montre est très confortable, grâce notamment à la forme du boitier qui épouse naturellement le poignet. Le fond étant plus haut que le bas des cornes, la montre a une tenue assez haute sur le poignet alors qu'elle n'est pas excessivement épaisse, ce qui est assez surprenant au début.
http://uppix.net/a/4/2/b3a070b9e3531a2b8acccdec34987tt.jpg
 
Le poids est relativement contenu je trouve, notamment grâce au bracelet assez léger. J'ai conscience que 180gr est un poids qui n'est pas négligeable dans l'absolu, mais j'aime bien les montres qui ont un peu de présence physique au bout du bras.
 
Au moment de conclure, je retiens que les éléments auxquels j'ai accroché sur les photos fonctionnent aussi bien en vrai. La lunette saillante donne un look très... Tranchant (on peut s'en servir comme scie disais-je quelques jours plus tôt), le cadran est très sympa, la montre remplit parfaitement ses objectifs de plongeuse sportive. Sûr que je ne la porterais pas pour aller au Casino à Deauville, elle n'est pas faite pour ça.
Malgré les réserves que j'ai pu émettre plus haut (la manipulation de la couronne va quand même demander une attention particulière), je ne regrette pas du tout mon achat ! Le rapport qualité/prix est définitivement excellent, et le sérieux de la firme japonaise rassure sur la capacité de la montre à survivre au quotidien.
J'espère que vous n'aurez pas eu l'impression de perdre votre temps en me lisant ;)
 
http://uppix.net/1/4/3/08d3bcf50f75e69f391dd40a634aett.jpg
 
http://uppix.net/f/a/3/4b8b2ba5e7185b6db5ad5f046c474tt.jpg
 
Quelques liens intéressants, avec plein de photos et notamment d'autres combos de couleurs/cadrans :
 
Yeoman : http://yeomanseiko.wordpress.com/2 [...] k-skz327k/
Vrac : http://www.thewatchsite.com/index. [...] 165.0.html
http://www.thewatchsite.com/index. [...] 944.0.html
http://forums.watchuseek.com/f21/p [...] 16842.html
http://forums.watchuseek.com/f21/s [...] 21846.html
http://forums.watchuseek.com/f74/s [...] 83414.html
http://www.timetechtalk.com/forum2/22080.html

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Message édité par supapictave le 15-04-2011 à 21:29:28

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Posté le 14-04-2011 à 21:19:27  profilanswer
 

n°26336319
supapictav​e
Embrouilleur
Posté le 03-05-2011 à 20:56:10  profilanswer
 
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Voilà donc directement la taggrevue / tagrevue qui suit mon paquet non déballé de ce matin, histoire de court-circuiter quelques étapes du guide Mantafahrer. On va causer de Prometheus. Rien à voir avec Ridley Scott et Charlize Theron, mais après avoir dis ça j'en vois bien me reprocher de ne pas avoir illustré, alors voilà.
http://uppix.net/3/b/8/8ed28fb17f2e90e3715da17ad4d3f.jpg
 [:vindev_hell]
 
Rien à voir donc, puisque le paquet ne contenait pas une jolie blonde ou un alien, mais une jolie Prometheus Ocean Diver GMT (oh hé oh, viendez pas râler hein !).
http://uppix.net/4/4/5/8bbcb9b6f24e5355f2bcbb6acf6e5.png
Pour le contexte, Prometheus est une petite et jeune boîte portugaise, emmenée avec enthousiasme par son créateur Carlos Carvalho, créée en 2008. Fasciné par les montres mécaniques, il a décidé de créer les siennes, en gardant à l'esprit qu'elles devaient être sympa à porter, de bonne qualité pour un budget raisonnable. Beaucoup ont le même crédo (le premier qui me vient dans le genre c'est Techné), la OD GMT remplit-elle ses objectifs ? (problématique ; grand I ; grand II ; argh, vade retro)
Les Prometheus peuvent s'acheter sur le site de la compagnie, et leur forum officiel est hébergé chez Watchuseek.
 
Le modèle qui nous intéresse fait partie de la série Ocean Diver, des montres mécaniques automatiques de plongée, étanches à 300m, utilisant un boitier de type "super compressor" (j'y reviens plus bas). Le modèle de base est la Day/Date, ont suivi ensuite la GMT, puis un chrono. Chaque modèle est sorti à 500 exemplaires.
 
http://uppix.net/0/d/b/1b65d1ea777c24ee9f7604449f752.jpg
 
La série a eu une genèse assez difficile et a connu de nombreux reports malgré un cycle de création assez court. Le design global de la montre est le résultat d'un concours lancé par Prometheus sur Watchuseek et qui a rencontré un écho favorable dans la communauté. Le dessin finalement retenu est signé par Brian F. Green, dont le nom est gravé sur le fond de toutes les Ocean Diver. C'est une première pour lui, qui rêvait de dessiner des montres depuis des années sans être jamais passé à l'acte sérieusement. Le concours sur WUS était donc une opportunité de mettre un pied dans ce petit monde, et ça a payé.
La montre telle qu'imaginée par Carlos Carvalho à l'origine devait être assemblée en Chine avec un mouvement chinois pour réduire au maximum les coûts. Mais après le retour de plusieurs prototypes, la qualité s'est avérée décevante. Pour remplacer le mouvement Seagull ST-16 envisagé dans un premier temps, des tests ont été faits avec des mouvements Miyota, mais M. Carvalho n'étant toujours pas satisfait par la finition des modèles de préproduction, il a décidé de reprendre le projet presque à zéro et a rapatrié la fabrication de la montre en Suisse, avec des mouvements suisses. C'est ainsi que l'on trouve un ETA 2836 dans la Day/Date, un ETA 2893-2 dans la GMT et un increvable Valjoux 7750 dans le chrono. Et une légère explosion des coûts, le prix envisagé pour les toutes premières versions était moins de 200€ hors taxes (167 selon les toutes premières estimations de Green) pour la Day/Date, le prix final sera de 339€ HT. Le dessin de la montre a par la même occasion largement été modifié pour hisser encore un peu plus le niveau de qualité vers le haut.
 
Au final le choix du dessin de la montre s'est fait en juillet 2008, les premières pièces puis un premier proto monté sont apparus en octobre et novembre-décembre 2008, les protos définitifs sont arrivés en juillet 2009, pour une livraison des toutes premières montres début décembre 2009. La date de livraison d'origine était plutôt prévue vers février 2009.
Du premier design à la montre finale, pas mal de choses ont changé, pas seulement le mécanisme. D'important modifications ont été apportées au boitier, qui passe d'une finition plutôt brossée à une finition microbillée avec diverses modifs du dessin, le cadran a subit pas mal de changements, les aiguilles ont aussi évolué (pas forcément dans le bon sens, cf. plus bas), le fond d'origine devait être transparent et gravé au laser... Brian Green avait tenu à l'époque un blog sur le processus de création de la montre (voir dans les liens plus bas), je vous laisse apprécier l'évolution sur les photos. On trouve plein d'infos sur son blog, notamment le dessin d'origine, les premières modélisations 3D de la montre, les premiers diagrammes techniques, les premiers bracelets envisagés... C'est intéressant de pouvoir suivre la conception pas à pas, les choix techniques retenus, le tout commenté par Brian Green pour qui c'était la première expérience de conception/production d'une montre.

Premier prototype assemblé :

http://i13.photobucket.com/albums/a259/bfgreen/blog/watch5.jpg
http://i13.photobucket.com/albums/a259/bfgreen/blog/back1.jpg
Crédits Brian Green
 
J'ai croisé pour la première fois une photo de la Ocean Diver dans une rétrospective des plongeuses 2010 sur Le Blog des Montres (ça vaut ce que ça vaut), alors que je cherchais des infos sur Christopher Ward. J'ai gardé la montre dans un coin de ma tête, mais j'ai été vite déçu de voir que j'arrivais trop tard pour la Day/Date, dont les 500 exemplaires étaient déjà partis (peut-être pas toutes les 500, mais en tout cas elle était indispo sur le site et l'est toujours). J'avoue que je n'avais alors pas prêté plus attention que ça à la GMT, mon budget étant réservé pour autre chose. Puis à l'occasion d'une visite récente sur le site Prometheus, je me suis rendu compte que la GMT était encore dispo. J'ai alors craqué, et j'ai bien fait, car le lendemain même la montre était marquée comme indisponible. J'ai eu le nez creux donc.
La transaction s'est faite sans accrocs, le paiement a été effectué par Paypal le samedi soir, j'ai reçu le mail de Carlos confirmant l'envoi du paquet lundi soir, et le port (rapide) assuré par Fedex/France Express m'a permis d'avoir la montre en mains mardi matin (et ce coup-ci ils ont bien retenu l'adresse de mon boulot) [:perco_35:2]
Elle est numérotée 096/500.
 
Rappel des caractéristiques :
- Diamètre :  44,00 mm
- Corne à corne :  51,40 mm
- Epaisseur : 14,50 mm
- Poids avec bracelet silicone : 123gr
- Bracelet 22mm
- Boitier en acier 316L, finition microbillée
- Mouvement ETA 2893-2
- Index/aiguilles tartinées de Superluminova C3
- Verre saphir
- Etanchéité 300m
- Lunette interne, rotation unidirectionnelle, 120 clics
- Deux couronnes (réglages du calibre à 4h, vissée, réglage de la lunette à 2h, non vissée)

 
Le packaging ne donne pas dans le luxe dément à coup de grosses boîtes tapissées de cuir qui sentent le plastique et de moults papiers/cartes qui donnent l'impression d'avoir acheté une Rolls Royce. Ici la montre est livrée dans une petite boîte noire sobre mais assez lourde, avec un intérieur tapissé d'une moumoute noire douce au toucher. On y trouve le manuel, succinct qui traite de toutes les montres de la série, qui fait aussi office de carte de garantie et deux bracelets en silicone, un noir monté sur la montre, et un orange/rouge fluo.
 
http://uppix.net/b/d/f/b4f7375853d863e9ad57099588f2ft.jpg
 
http://uppix.net/6/a/9/25fcfe0aa1be355bd875b63e6e6cc.jpg
 
http://uppix.net/8/1/1/3b7494a91d74e0c34a56326bc3a57.jpg
 
Ce qui marque au premier abord, c'est l'aspect imposant de la montre, et la sensation de qualité qui s'en dégage. Le toucher du boitier microbillé est très doux, très agréable. La lunette rotative étant interne, le cadran est de taille raisonnable, le saphir mesure 36mm de diamètre. La montre est globalement bien balèze, épaisse, et ne sera peut-être pas adaptée à tous les poignets, mais elle est en fait beaucoup moins massive qu'elle ne pourrait le laisser penser sur les photos. Le boitier fait 44mm de diamètre sans intégrer les couronnes, mais il n'y a pas d'épaulement pour celles-ci et les cornes sont assez courtes et fines, ce qui aide aussi. C'est essentiellement son épaisseur importante qui donne cet aspect imposant. Sur mon poignet de 19cm ça passe nickel, et j'aime bien ce genre de format qui impose quand même une certaine présence physique au poignet. Elle n'est pas excessivement lourde, mais en rajoutant le poids d'un bracelet type Watchadoo, ça doit commencer à faire.
 
http://uppix.net/5/b/0/b512128e65728af8966fe467da6f7.jpg
(z'occupez pas, j'ai pas nettoyé le saphir avant la photo...)
 
http://uppix.net/2/5/e/0534ed6d51ee5a2550a148a95cbd9.jpg
 
http://uppix.net/7/8/e/68deabe14cab196c4e469b6ac5eeb.jpg
 
On trouve sur la tranche droite les deux couronnes caractéristiques de nombreux boitiers type super compressor. La couronne à 4h sert au remontage manuel, au réglage de l'aiguille 24h, de la date, et de l'heure. Elle est vissée. La couronne à 2h permet d'actionner la lunette interne, mais n'est pas vissée, il est indiqué dans le manuel qu'il faut éviter de la manipuler sous l'eau. Je me serais attendu à ce que la lunette soit bidirectionnelle (sans vraiment savoir pourquoi, ça me paraissait cohérent avec le système de rotation par couronne), mais elle bien unidirectionnelle. La manipulation de la lunette ne souffre d'aucun défaut, la couronne ne présente aucun jeu, les clics sont francs, même si la manipulation est moins pratique qu'une lunette externe quand la montre est portée. Un croisillon est gravé sur les couronnes.
A noter que la Day/Date et la GMT partagent exactement le même boitier, mais celui du chrono connait des aménagements. Les poussoirs et la couronne du mouvement prennent place sur la tranche droite, la couronne de la lunette a quant à elle déménagé à 10h.
Les couronnes s'enfoncent un peu dans la masse du boitier, elles sont donc relativement bien protégées même sans épaulement.
 
http://uppix.net/0/3/8/1693b8f9a52e08b585b21f069fe7ct.jpg
 
Le fond est vissé et joliment gravé. On y retrouve les infos habituelles, ainsi que le nom du dessinateur de la montre Brian Green. Pour le démontage Prometheus a opté pour un système de prise à dents "alarolesque". Aucune idée de l'intérêt intrinsèque du système (question d'épaisseur du fond peut-être, ou relative au boitier super compressor cf. ci-dessous), mais ça change, et ça fait un fond très homogène à regarder.
 
http://uppix.net/d/0/8/19f56757be4a9d804d49671bbbd85.jpg
 

Citation :

[branlette intellectuelle]
Après quelques recherches j'ai un doute sur la qualification "super compressor" du boitier, technique brevetée par Ervin Piquerez S.A (EPSA) en 1953, pourtant indiquée comme tel sur le site Prometheus. Ca concerne le montage particulier du fond qui permet d'assurer une meilleure étanchéité à mesure que la pression augmente avec la profondeur : à pression normale le fond n'est pas appuyé au maximum sur le joint du boitier, avec la profondeur la pression appuyant sur le fond le fait jouer, et l'appuie de plus en plus fort sur le joint.
Selon mes observations, le boitier de la Diver GMT présente de nombreuses caractéristiques des super compressor des années 50-60, notamment le motif de croisillon gravé sur les couronnes, les deux couronnes et la lunette interne (bien que certaines compressor soient à lunette externe et/ou couronne unique), et le fond qui nécessite un autre outils qu'une clé à points pour l'ouvrir (ici une clé à dents). Cependant selon ce site (lui même fondé sur des observations personnelles), le positionnement des couronnes est identique sur pratiquement tous les boitiers SC (sauf ceux à une couronne bien entendu), la première à 11 minutes, la seconde à 19 minutes. Les couronnes de la Diver GMT sont donc un peu plus espacées que la normale constatée avec des couronnes à 10 et 20 minutes, voire 9 et 21 (cf. les Longines Legend Diver Date, JLC Master Compressor...). L'autre élément qui me fait douter est que sur les premiers proto le fond était transparent avec une ouverture à points très standard, et aucun dispositif particulier, c'était visiblement un bête fond vissé. Je penche donc plutôt pour un "hommage" aux boitiers SC qu'un vrai boitier de ce type. Après peut-être que les modifications du boitier lors du changement vers le fournisseur suisse et la redéfinition de la montre ont été plus profondes que de simples changements esthétiques. Mais a priori, sur les photos des prototypes finaux, le nouveau fond semble lui aussi être simplement vissé sans aucun autre artifice.
Le seul moyen d'en avoir le coeur net serait de démonter le fond et vérifier son système de maintien et la présence d'un ressort de compression, si j'ai bien intégré la technique. Mais d'une je ne vais pas m'embêter à prendre ce risque (de toute manière, sans outils...), et de deux avec mon expertise plus que limitée, je vais me contenter de croire Prometheus (pour ce que ça change...). Peut-être aussi que je raconte plein de conneries (merci d'être indulgents dans ce cas, c'est pas faute d'avoir essayé de me documenter), et que je me suis monté le crâne en lisant plein de reviews et en examinant à la loupe chaque photo que je trouvais durant mes délires de fièvre CHIeuse. D'où la balise fort appropriée qui ouvre et ferme cette longue parenthèse [:the geddons]
Si l'un d'entre vous en sait plus néanmoins, ça m'intéresse. Je pense que pour ma culture personnelle, je poserai un jour la question à Carlos Carvalho via WUS ou par mail.
[/branlette intellectuelle]


 
Les cornes sont percées, les barres de rétention du bracelet sont vissées des deux côtés, et nécessitent donc deux tournevis pour être retirées. Ce que je n'ai pas sous la main (j'ai qu'un seul tournevis de 1mm qui passe, 1.5mm c'est trop gros), dommage j'aurais bien essayé le bracelet rouge. Pas forcément évident donc, mais c'est du costaud je pense. Les vis affleurent légèrement sur le côté des cornes. Faut faire gaffe de pas faire une griffe sur le boitier lors de la manipulation en revanche... Les vis sont sécurisées avec un peu de glue Loctite, Prometheus conseille de passer un coup de sèche-cheveux avant pour détendre la colle, histoire de ne pas avoir à forcer, et conseille d'en remettre un petit point sur le pas de vis lors du remontage.
Des vis hex auraient peut-être été mieux adaptées, d'ailleurs sur certaines photos notamment avec des bracelets métal Watchadoo, on voit la montre équipée de hex. Faut que je me penche sur la question.
 
Ce qui choque à première vue sur le cadran c'est la masse de lecture que l'on y trouve. A l'extérieur la lunette est graduée en rouge et blanc avec son V luminescent verdâtre pale à 12h, puis allant vers le centre on croise les index 24h rouges, puis les index 12h blancs ou verdâtres pour ceux couverts de luminova, doublés point/traits pour les principaux, les index 12/3/6/9, le guichet de date à 4h30, et enfin le marquage Prometheus et l'ancien logo de la marque sous les 12h (il ont changé depuis).
La trotteuse rouge avec son pois de luminova ressort bien, les aiguilles heures/minutes sont sobres mais lisibles et se détachent bien du cadran grâce à leur large bande de luminova (heureusement car sinon elles sont mates comme le cadran lui-même), l'aiguille 24h est bien discernable avec son, euh... Crucifix rouge au bout.
Chargé donc, mais pas illisible. C'était une de mes craintes sur les photos, mais elle était infondée. Le cadran de la Day/Date doit quand même être un peu plus équilibré. La date est blanche sur fond noir, c'est un détail tout bête mais ça contribue grandement à son intégration sur le cadran, bien vu. Et  la forme en V du 12h de la lunette le rend parfaitement lisible quelque soient les conditions.
Le SuperLuminova C3 a l'air sacrément lumineux vu comme ça, je dirais presque autant que le Lumibrite de ma Seiko Stargate. A voir durant mes insomnies.
 
http://uppix.net/5/3/7/c3e97de9cd6b7c182b0f868dbc2b9.jpg
 
J'ai sur le cadran quelques réserves cependant.
La première porte sur les aiguilles heures/minutes, elles sont sobres et lisibles disais-je, mais à mon goût ne se différencient pas assez entre elles. Je doute d'y être confronté un jour, mais je dirais que dans certaines conditions, il serait possible de les confondre. Un dessin différent ou une différence de longueur plus marquée serait plus appropriée. En fait je pense que les aiguilles des tous premiers protos de la montre, intégralement couvertes de luminova avec une différence de longueur plus marquée, auraient été plus adaptées malgré leur aspect beaucoup moins neutre pour une plongeuse. Enfin, l'aiguille 24h n'est pas luminescente, donc inutilisable de nuit. Et pour chipoter un peu plus, le guichet date est assez profond, et assez brut dans sa découpe.
Petites erreurs d'exécution donc. Cependant ça ne nuit absolument pas au plaisir de se plonger dans ce cadran qui déborde de couleurs.
 
Globalement, et mis à part mes réserves essentiellement esthétiques sur le cadran, je n'ai absolument rien à redire sur la finition de la montre, le boitier est absolument parfait, et en termes d'assemblage le cadran, la lunette interne et les couronnes aussi. Ca sent le sérieux, le costaud, le truc fait pour durer, les formes sont précises, rien ne bave, rien ne bouge. Aucune idée de la façon dont va vieillir l'aspect microbillé, mais c'est très chouette, de visu et au toucher. Celui de ma Techné Goshawk a déjà pris quelques rayures, et le fait est que ça prend aussi un peu les traces de doigts.
 
Les bracelets fournis sont en silicone, très souples et très longs (adaptés pour une combi de plongée). Je n'avais jamais eu ce genre de bracelet au poignet, c'est extrêmement agréable, ça s'adapte immédiatement à la forme et à la chaleur du corps. La mention PWC est gravé sur la boucle à l'aspect brossé. C'est très naturel au porté en fait, je suis étonné par rapport à un bracelet en caoutchouc normal. En revanche ça bouffe la poussière comme pas permis, un vrai rouleau de scotch. C'est dommage. Le rouge doit être moins soumis à ce problème (visuellement), sur le noir c'est vite moche. D'où la volée de Rhino 2 boucles que j'ai acheté en parallèle (à venir cette semaine). Ca ira je pense parfaitement à la montre, à suivre (faut juste que j'arrive à démonter les barres...). J'ai l'intention d'investir aussi dans un Watchadoo métal microbillé, qui semble aller parfaitement à la montre (voir les photos dans les liens plus bas).
 
Pas grand chose à dire sur le mouvement, le 2893-2 est connu, fiable, blabla... Oui c'est une "fausse" GMT, mais honnêtement, je m'en fiche un peu dans la mesure où je n'ai pas beaucoup l'occasion de changer de fuseau horaire en ce moment (mais je comprends la logique et l'utilité des vraies GMT type GMT Master ou Omega avec 2893 trafiqué). C'est un bon tracteur, précis, pour l'instant ça me suffit.
 
Voilà voilà. En conclusion j'en suis super content. Non seulement c'est une montre que je ne risque pas de croiser tous les jours, elle ne ressemble à rien que j'ai déjà dans ma boîte, elle a vraiment une "tronche". Mais en plus elle est vraiment très chouette au poignet, la finition est excellente, le tout pour un budget relativement raisonnable (610€ pour la GMT, 410 pour la Day/Date, 880 pour le chrono). Elle a ses défauts, c'est pas de la haute horlogerie, mais elle a une vraie présence. Mission accomplie pour Pometheus en ce qui me concerne.
En plus on peut en fouillant retracer toute son histoire, des premières ébauches à la montre finale, ce qui est assez sympa. Je ne me vois pas la quitter avant un certain temps ! Et j'avoue que si je croise une Day/Date à l'occasion, elle viendra peut-être rejoindre sa soeur. J'accroche pas au chrono, malgré les poussoirs plutôt bien intégrés, dans l'esprit "plongeuse".
J'espère en tout cas que vous avez apprécié la lecture, et que j'ai réussi à vous intéresser à cette montre. Avant de dégager avec ma merde, encore quelques photos, et de la lecture pour les plus curieux en dessous.
 
Rouist'chotte :
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Le terrible environnement humide qu'elle aura à affronter tous les jours :
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Loumechotte (jeu : deviner le temps de pose) :
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Pour infos, Prometheus a récemment sorti une nouvelle plongeuse, la Jellyfish, équipée de tubes tritium Microtec mais avec un dessin beaucoup plus fade et bien moins inspiré à mon goût, et paraît-il une finition en dents de scie au niveau du bracelet. En revanche Carlos Carvalho travaille sur un nouveau projet, la Manta Ray, plongeuse donnée pour 1001m (?), qui pourrait déboucher sur quelque chose de pas mal d'après les premiers visuels, avec notamment un système de changement de la lunette par vis, un peu comme sur la Steinhart Proteus (série limitée sympa réservée aux membres Watchuseek). A suivre !
 
Maintenant quelques liens :
 
Site Prometheus :
http://www.prometheuswatch.com/
 
Quelques étapes du développement de la montre grapillées sur Watchuseek :
Topic général : http://forums.watchuseek.com/f242/ [...] 08544.html
Concours de design : http://forums.watchuseek.com/f77/w [...] 57731.html
Photos du premier proto : http://forums.watchuseek.com/f242/ [...] 90974.html
Photos d'un des tous premiers protos montés, par le dessinateur de la montre : http://forums.watchuseek.com/f242/ [...] 16580.html
Premier proto assemblé : http://forums.watchuseek.com/f242/ [...] 04768.html
Premier lumeshot avec un cadran de proto : http://forums.watchuseek.com/f242/ [...] 21248.html
Présentation de la montre définitive : http://forums.watchuseek.com/f242/ [...] 62931.html
Ouverture des précommandes : http://forums.watchuseek.com/f242/ [...] 63171.html
Photos du proto définitif : http://forums.watchuseek.com/f242/ [...] 83446.html
Blog de Brian Green, dessinateur de la montre (nombreuses photos des premiers proto) : http://bfjggshock.blogspot.com/
 
Reviews de la GMT :
http://forums.watchuseek.com/f67/p [...] 98910.html
http://www.time2watch.net/Prometheus.htm
http://www.thedivewatchconnection. [...] 59&start=0
http://www.legitlifestyle.com/prom [...] mt-review/
http://www.leftlanelife.com/watche [...] #post84084
http://www.legitlifestyle.com/prom [...] mt-review/
 
Un lien avec plein de chouettes photos, bien plus que les miennes :
http://www.photowatches.eu/thumbnails.php?album=454
 
Comment changer son bracelet :
http://forums.watchuseek.com/f242/ [...] 33550.html
 
Glouglou, une vidéo sous l'eau (vous pouvez couper le son...) :
http://www.youtube.com/watch?v=f4Sk0qcun3o
 
Reviews de la Day/Date :
http://forums.watchuseek.com/f74/p [...] 79471.html
http://www.ablogtoread.com/prometh [...] ch-review/
http://www.watchreport.com/2010/01 [...] diver.html
http://leblogdesmontres.fr/2010/02 [...] r-daydate/

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Message édité par supapictave le 07-02-2012 à 10:48:03

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Posté le 01-02-2012 à 19:58:06  profilanswer
 
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[:mr sylvestre:5]
Taggrevue de ma Casio ProTrek PRW-2000-1ER !

 

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Aaaaah, 1998, belle année. La 3ème, la fin du collège, l'insouciance, les gonzesses, les LAN avec les potes, une finale de Coupe du Monde dont j'avais rien à fout' dans un pub remplis d'Anglais bourrés, les listes de CD gravés qui circulaient dans les cours de récré... Et puis mon pote Guillaume.
C'était un peu la course avec le pote Guillaume, la course pour la tête de la classe, la course pour les nanas, la course à qui serait le plus malin pour faire cracher aux parents le budget nécessaire dans une 3Dfx dernier cri, lui était Sega, moi Nintendo, moi j'étais VTT, lui vélo de course... Bref, on se tirait la bourre.
En 1998 je portais fièrement ma Swatch Irony chrono offerte à mon anniversaire. Et lui un jour s'est ramené avec ça :

 

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Casio ProTrek PRT-40

 

Je m'en souviens comme hier, c'était ce modèle-là, dans cette couleur là, sur bracelet velcro. Je me souviens de cette gueule de mon(s)tre de l'espace, et de la taille surtout, monstrueuse sur un poignet d'ado.
J'étais vert de rage et de jalousie. Technophile à l'époque ("geek" on connaissait pas le mot encore), rêvant de choses aussi absconses que la convergence numérique ou la musique en èmeuhpétroua, cette petite frappe de Guillaume venait s’exhiber sous mon nez avec l'arme ultime. Je l'entends encore énumérer la liste des fonctions : baromètre, altimètre, boussole, thermomètre, chronomètre, alarme, calendrier-que-t'as-pas-besoin-de-régler-même-les-années-bitextiles... La totale. Le genre du truc qui vient avec un manuel qui ne peut se comprendre que si tu envisages de passer au moins un Bac S, tu vois.

 

Et comme j'ai finalement préparé un Bac L, ben j'ai pas eu de Casio. En revanche j'ai encore ma Swatch dans un tiroir. Tout ça pour dire que l'image est restée gravée dans mon esprit : Casio c'est des machins énormes, blindés de trucs super inutiles, mais purée c'que c'est cool.

 

Et tellement c'est cool que j'ai finalement fini par avoir ma mienne. J'ai pas pris une G Shock malgré les nombreuses que l'on voit passer dans le coin. J'avoue, je suis pas super fan de la plupart des modèles, je trouve que les écrans sont souvent trop petits par rapport à la carrure, y a guère que les Mudman qui me plaisent. Je suis resté sur les ProTrek (PathFinder sur les références anglosaxonnes) et leur palanquée de fonctions orientées rando.

 

J'ai depuis appris qu'on appelle ça des zôrdinateurs ABC (altimètre, baromètre, compas -boussole quoi-), et que Casio n'est plus seul sur le marché. J'ai pas mal hésité à prendre une Suunto Core Regular Black. Une gueule d'enfer, un cadran/écran immense avec ses polices gigantesques et ultra lisibles, une interface très moderne pour naviguer et utiliser toutes les fonctions, un altimètre avec des méthodes d'étalonnage intelligentes... Un véritable ordinateur de poche, qui traine malheureusement quelques casseroles (autonomie médiocre à moyenne, soucis d'étanchéité, forte exposition de l'immense cadran aux chocs).

 

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Suunto Core Regular Black

 

Dans la gamme des 200-250€/$, Casio aligne en face sa réputation et la PRW-2000 (PAW-2000 en référence anglosaxonne), et pas mal d'arguments en sa faveur. Si le cadran est moins ouvert et moins "graphique" que sur la Suunto, la Casio est plus étanche, plus autonome avec la recharge solaire de la batterie, et dispose du réglage radio automatique. Elle est un poil plus petite aussi, les deux sont données pour 50mm de diamètre, mais la Casio est plus fine (11mm contre 15).
Même si la Suunto est toujours mon coup de coeur, le choix de raison, c'est la Casio.
Le modèle présent a deux variantes, la PRW-2000T avec bracelet et boitier en titane, et la PRX-2000T, en titane aussi, mais avec un boitier différent, une finition plus raffinée et un verre saphir (franchement difficile à trouver, pas certain qu'elle soit sortie du Japon en fait).
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PRW-2000T et PRX-2000T

Citation :

Fiche technique :

 

Marque : Casio
Numéro du modèle : PRW-2000-1ER
Type de Verre : Minéral
Matière du boîtier : Résine
Diamètre du boîtier : 50.60 millimètres
Corne à Corne : 52 millimètres
Epaisseur du boîtier : 11.30 millimètres
Matière du bracelet : Résine
Entrecorne : 22 millimètres
Poids : 69,10 grammes
Type de Mouvement : Quartz
Etanchéité : 100 mètres/10 bar
Fonctions : Full Auto Illuminator avec allumage automatique - Insensible au froid (-10 °C) - Fonctionnement solaire (Tough Solar) - Réception de signaux horaires radio (WaveCeptor) - LCD duplex (deux dalles LCD superposées) - Boussole - Altimètre 10000m - Cumul des altitudes - Lever et coucher du soleil - Baromètre (260/1100 hpa) - Thermomètre (-10°C / +60°C) - Mémoire altimètre (40 blocs max) - Fonction d'heure universelle - Fonction de chronométrage 1/100 sec 24h - Comptes à rebours 1/1 min 24h - 5 alarmes quotidiennes, bip horaire - Calendrier automatique - Indicateur de niveau des batteries


Bon, je vais pas faire un exposé illustré du manuel d'utilisation, sinon on y est encore demain. Le pavé en question fait 116 pages dans sa version française, et jusqu'à 126 en italien. Le manuel est décliné en 5 langues, voilà pour l'aperçu du machin qui accompagne la montre. Pour autant la boîte en carton recyclable est relativement petite, et la montre en elle-même est stockée dans une petite boîte en bois aggloméré.

 

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Au porté la montre s'avère très légère, ce qui fait oublier un peu le diamètre très conséquent. Elle enveloppe bien le poignet grâce aux pièces de bout du bracelet. Mais quand même, j'ai un poignet de 19cm, et clairement je pense qu'en dessous de 18cm, la montre devient beaucoup moins confortable car trop volumineuse. Sa finesse est en tout cas très appréciable.
Le bracelet en résine fait 20mm de large, mais l'entrecorne est en fait de 22mm. En effet les pièces de bout qui viennent épouser la forme du poignet jouent le rôle d'entretoises entre le bout du bracelet et les cornes. Celui-ci en tout cas est très confortable, avec un toucher satiné très doux. Les tiges sont vissées, faudra que je bidouille pour l'essayer sur NATO.
Le verre minéral est totalement plat et quasi affleurant à la lunette chromée. Le fond est plat, en inox, avec la référence, le numéro de modèle, la mention "stainless steel back - Water Resistant 10bar" et le logo Protrek.

 

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La finition globale du boitier est bonne, les assemblages très bons, il y a peu de traces de moulures dans le plastique. La lunette chromée et les larges poussoirs l'éloignent du côté tout plastoc de certaines autres Casio. Elle est légère mais ne renvoie pas du tout l'impression d'être un vulgaire morceau de plastique bas de gamme (reproche souvent fait à la Suunto).

 

Ca fourmille de lecture tout ça !
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Sur le, hum, réhaut, on a 3 niveaux d'inscriptions en allant vers le cadran. Sur le premier on trouve une échelle de 24h. Puis à gauche du cadran l'arc 6h-12h un rappel des fonctions du poussoir Mode, et à gauche un rappel des fonctions ABC. Sur le dernier niveau on trouve à 10h l'indicateur d'activité radio, autour de 8h le voyant alarme (si une alarme est activée), le voyant on/off du bip horaire, le voyant on/off du bip des boutons/poussoirs (en l'occurrence ici le bip horaire -SIG- est désactivé, et le bip des boutons est désactivé -MUTE-). A 6h il y a la jauge batterie (low/medium/high), et enfin autour de 3h une échelle 10/-10, qui servira pour la lecture des dénivelées de l'alti, de la tendance de la pression baro, etc.
Et tout ce réhaut est en fait la partie "panneau solaire" de la montre.
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Le cadran est ensuite divisé en 3 sections. Celle du haut est la plus détaillée, avec une partie d'affichage par points (pour le texte ou les graphiques, une résolution HD de, disons, quelque chose comme 25x10px).
Une autre dalle LCD translucide est superposée au cadran principale, et est uniquement dédiée à afficher les "rayons de soleil" qui serviront d'aiguilles pour la lecture de la boussole par exemple (pour le plus évident). Le système est vachement malin et plutôt chouette de visu, d'autant qu'il sert dans plein de petits trucs. Par exemple quand on fait défiler les fonctions via Mode, une aiguille indique la fonction activée en pointant l'inscription correspondante sur le réhaut.
Je regrette en revanche que l'on ne puisse pas avoir un truc permanent un peu visuel comme une vraie trotteuse en mode heure normale.

 

La montre arbore 6 poussoirs :
- à 8h, le poussoir Mode permet de naviguer entre les modes de la montre (dans l'ordre en français, heure, coucher/lever du soleil, mémoire altimètre, heure mondiale, chrono, minuteur, alarme, diagnostic de la radio multibandes). J'aurais pas forcément mis les fonctions dans cet ordre, surtout la mémoire altimètre qui vient se mettre au milieu des fonctions "temps", à mon sens elle aurait été mieux en fin d'arborescence à côté du diag radio.
- a 6h on trouve le bouton Adjust, qui servira à naviguer dans des sous fonctions du programme enclenché avec une simple pression, et à appeler les menus réglages avec une pression longue (pour éviter toute mauvais manip'). A côté, le bouton light pour le rétroéclairage.
- à 2, 3 et 4h, respectivement les poussoirs boussole, baromètre et altimètre. Dans certains modes ces poussoirs peuvent aussi servir à cycler certaines fonctions (par exemple faire défiler les villes dans l'heure mondiale, start/stop du chrono, ou simplement régler des trucs quand on est en Adjust)
Et enfin à 10h on trouve le fameux triple sensor qui va alimenter les fonctions ABC de la montre.

 

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D'ailleurs, si on fait un tour rapide des fonctions, sur le bouton Mode :
- Time : heure, date en mois/jour. Avec une pression brève sur le bouton Adjust on peut afficher au choix dans la partie supérieure de l'écran le jour, l'année, ou l'évolution de la pression baro en graphique. On règle aussi dans ce mode via une pression longue sur Adjust le fuseau horaire local, voire la longitude/latitude (pour le calage manuel de Sunrise/set), le mode d'économie d'énergie, la durée du rétroéclairage, les unités de mesure utilisées...
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- Sunrise/set : heure de lever/coucher du soleil et date. Deux aiguilles de la seconde dalle LCD pointent l'heure de lever et de coucher du soleil sur l'échelle 24h du réhaut. En gros au milieu, l'heure du lever, en petit en bas du coucher. Une aiguille clignotante indique l'heure courante, toujours sur l'échelle 24h. A noter que la longitude/latitude n'était pas bien réglée sur la mienne, j'ai dû corriger ça manuellement pour afficher les bonnes heures. Il est possible aussi de parcourir les jours à venir pour voir les heures du cycle solaire à une date donnée.
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- Recall : journal de l'altimètre, stocke les données de l'alti, la dénivelée parcourue, l'alti max/mini, le tout avec les heures et dates correspondantes, sur plusieurs slots pour stocker plusieurs balades, de manière manuelle ou automatique.
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- World Time : heure mondiale. En haut le code de la ville sélectionnée, les codes correspondent en général à celui du principal aéroport du coin (exemple NYC pour New York City, mais LAX pour Los Angeles). Une aiguille fixe pointe l'heure mondiale sur l'échelle 24h, une aiguille clignotante pointe l'heure locale.
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- Stopwatch : le chrono, 1/100e blabla.
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- Timer : minuteur jusqu'à 24h pour la cuisson des pâtes [:minusplus] .
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- Alarm : alarmes quotidiennes, jusqu'à 5 différentes
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- Receiving : diag radio qui indique l'heure et la date de la dernière synchronisation radio de la montre, s'il y a eu un problème de synchro, possibilité de forcer une synchro et de consulter la qualité du signal.
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Viennent ensuite les fonctions ABC, raison d'être des modèles ProTrek. Ces modes ne peuvent être appelés qu'en mode Time, et l'heure reste toujours consultable dans la section inférieure du cadran.
- Compass : la boussole, avec indication du relèvement en degrés et du point cardinal. Une triple aiguille pointera vers le Nord, des aiguilles simples pour les 3 autres points. Possibilité de mémoriser un relèvement pour consultation ultérieure.
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- Baro : baro, mesure de la pression atmosphérique, avec indication de la variation par une aiguille sur l'échelle 10/-10 du réhaut, présentation en graphique de l'évolution toutes les 2h. C'est aussi dans ce mode que l'on peut consulter le thermomètre (donnée bien entendu faussée par la chaleur du corps quand la montre est portée). Casio conseille de laisser la montre 20 à 30min pour avoir une lecture fiable de la température.
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- Alti : c'est certainement la fonction la moins évidente à utiliser. Calé sur une mesure conjointe de la pression atmosphérique et de la température, l'altimètre nécessite une calibration régulière (en gros dès que l'on a accès à l'information, et si possible avant chaque ascension/descente) pour éviter qu'il ne déraille totalement en cas d'évolution de la pression baro pour une autre raison qu'un changement d'altitude.
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Voilà les marges d'erreur telles que données par Casio :
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Bon, tout ça c'est très beau, mais à l'usage ça donne quoi ?
L'écran du cadran est tout d'abord très contrasté, large, et donc très lisible même dans des situations de luminosité médiocres. Et dans le noir, le rétroéclairage vert pâle prend le relais sur toute la surface de l'écran. Il est possible de configurer un éclairage de 1 ou 3 secondes, et d'activer l’allumage automatique, qui éclairera l'écran au moment où vous tournez la montre vers votre visage. En pratique ça allume l'écran n'importe quand, pour un oui ou un non. Je m'en suis débarrassé. En revanche, LCD oblige, les angles de vision ne sont pas totaux, et avec la montre très inclinée, les indications deviennent illisibles.

 

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La montre est arrivée réglée et calibrée d'origine, mais Casio conseille une synchro radio forcée et une vérification manuelle du fuseau horaire sélectionné et de la ville de référence. L'opération de synchro prend quelques minutes, puis la montre le fera automatiquement, généralement la nuit. Évidemment, la précision ne souffre d'aucune critique, et correspond à +/-1sec aux divers sites qui relaient l'heure atomique. Casio indique une précision de +/-15sec/mois en l'absence de synchro radio.
A noter qu'en fonction de la ville sélectionnée, la montre paramètre automatique les unités de mesure selon le système local (métrique chez nous, donc).

 

Passons aux fonctions ABC, pour lesquelles j'étais un peu sceptique (gadget gnagnagna, données foireuses gnagnagna).
La boussole numérique est parfaitement alignée sans calibrage préalable. Casio indique une marge d'erreur de +/-10°, en réalité j'ai constaté généralement moins de 5° d'écart. Une fois stabilisée la précision est pas loin d'être parfaite. La montre est en revanche très sensible aux perturbation magnétiques (masse métallique genre frigo ou matelas à ressort, où il est pourtant indispensable d'avoir une boussole). A noter que la boussole ne donne le relèvement que pendant 20sec et se met en veille, il faut la relancer manuellement.
Le baromètre lui aussi est pile dedans. J'ai comparé avec la station météo pro du boulot, elle indiquait ce matin 1028hpa, la montre 1027. La sonde de la station est située en extérieur sur le toit du bâtiment, d'où peut-être cette différence, relativement minime. La pression est stable aujourd'hui, donc pas de remarque sur sa réactivité. Le thermomètre est pas mauvais du tout quand on l'a laissé reposer une bonne demi heure Il est un brin optimiste par rapport à mon thermomètre d'intérieur (1° de plus). De là à savoir lequel est bien étalonné... On va laisser les mouches tranquilles, elles ont déjà pris assez cher.

 

Puis j'ai essayé l'altimètre. Pour être honnête je m'attendais un peu à une cata, surtout à cause des histoires de calibration, de changement de barométrie, etc. Je vis dans l'estuaire de la Seine, chouette coin avec de grosses dénivelées. Avant de partir au boulot ce matin j'ai calibré en bas de chez moi l'altimètre sur une altitude référence de +10m, et en route.
Pour faire court : bluffant, soufflant, hallucinant, impressionnant.
L'altitude est affichée par paliers de 5m, donc il faut relativiser la précision, mais l'instrument est extrêmement sensible et rapporte chaque dénivelée de manière parfaitement cohérente. La démonstration a été totale quand je suis passé par dessus une autoroute, sur un pont, à 10090km/h. Avant le pont la montre affichait 145m, au milieu 150m, et à la descente est repassée à 145, le tout dans l'espace des 30 grosses secondes nécessaires pour passer l'ouvrage.
En arrivant au bureau j'ai de suite ouvert notre logiciel de carto/cadastre pour vérifier les données. Le journal de la montre indique une altitude mini de 10m à 8h41 (mon point de départ), 150m à 8h48 (le pont), 135m de dénivelée montante continue max, 120 de dénivelée descendant continue max, 15m à 8h58, point d'arrivée.
Il s'avère que j'ai calibré l'alti trop haut en partant, ma maison est à 3m d'altitude, il aurait donc fallu que je cale l’instrument sur 0 ou 5, et non 10. Du coup, si on soustrait 10m à mes mesures, les résultats sont quasiment conformes à +/-5m aux courbes IGN et aux relevés topo. Epatant (je l'avais oublié celui-là).

 

Comme je l'expliquais plus haut, la mesure d'altitude est une combinaison de la mesure barométrie et de la température. J'étais là dans un environnement assez stable (pas de grosse variation de t°, la montre étant portée sous le manteau, pas de grosse variation baro), je ne sais pas comment il se comporte "en vrai". En rando de montagne, le temps et donc la pression changent souvent, la précision de l'alti en pâtit peut-être, d'où la nécessité de le calibrer dès que possible sur une altitude connue. Mais ce que j'ai pu voir ce matin relève de la magie noire, comment un instrument aussi petit et enfermée dans une boîte de plastoc comme ça peut-il être aussi précis et fin ? Ouais, j'suis vraiment impressionné, et les marges d'erreurs données par Casio sont assez loin de mes observations.

 

Au final, un chouette engin, précis, autonome, léger, fin, finalement assez facile d'utilisation. Ils sont forts chez Casio.
Les G Shock conservent l'avantage en termes de robustesse, le capteur des ProTrek étant sensible aux forts chocs et au magnétisme (pour la boussole). Ce n'est donc pas forcément la plus indiquée pour se vautrer dans un tas de gravier en VTT et se rouler dedans :o . Mais niveau technologies embarquées, c'est un bien bel objet si on supporte le côté plastique/numérique.

 


Avant de dégager avec ma merde (en plastoc) :
Fiche de la PRW-2000 chez Casio : http://www.casio-europe.com/fr/wat [...] -2000-1er/
Manuel PDF de la bête : http://www.support.casio-europe.co [...] h/3172.pdf
Une revue chez A Blog To Read : http://www.ablogtoread.com/casio-p [...] ch-review/
Une autre revue chez LW's Gadget : http://lwsgadget.blogspot.com/2010 [...] eview.html

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Message édité par supapictave le 02-02-2012 à 09:38:23

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Posté le 03-05-2012 à 21:32:13  profilanswer
 
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Re [:simchevelu]
Petit craquage donc [:loglouis:1]
http://uppix.net/3/5/5/cff28801d08eaf2b7f359d8b6cb90.jpg

 

A force de soutenir à la moindre occasion que c’est la plus belle plongeuse du marché, fallait que ça arrive… Marre de regarder les MM300 des autres aussi.
La montre est dispo depuis quelques temps en France via les boutiques Seiko (Seiko Center Paris, Espace Seiko Lille), mais aussi progressivement chez les revendeurs agréés depuis quelques mois (par exemple Mégalithes Montres l'a depuis peu). Le prix français n’est pour une fois pas trop déconnant si on prend en compte les risques de douanes en provenance du Japon, et surtout il y a moins de questions à se poser concernant la garantie. Profitant d’une visite parisienne il y a quelques jours a côté de chez Mégalithe justement, j’ai pu la voir en vitrine, puis l’essayer, et finalement je suis ressorti avec une MeuhMeuh rutilante :love:
http://uppix.net/9/9/4/273a381dacdad91af9e4ca9410d42.jpg

 

La Tudor Pelagos ou ma joncaille habillée attendront un autre jour.

 

Je vais pas vous infliger une revue fleuve, tout le monde la connaît, lisez celle de Grinhu sur le topic, ou celle de Hildemar, avec les photos de GrosseGamelle en passant.
Je vais juste me contenter de faire un bref récap’ des autres revues et comparo que j’ai croisé depuis le temps que je lurke à propos de cette montre. Plein de lecture et de photos [:lolilol]

 
Citation :

Une première revue sur MDP : http://www.forum-mdp.com/t20786-seiko-mm-300
Photos de Jean-Michel sur MDP : http://www.forum-mdp.com/t2155-sei [...] er-sbdx001
Photos de Micromeca sur MDP : http://www.forum-mdp.com/t22988-fa [...] master-300
Une autre sur A Blog To Read : http://www.ablogtoread.com/automat [...] ompetitor/
Encore une sur le SCWF : http://www.thewatchsite.com/index.php?topic=405.0
Une revue chez, euh, Fnord : http://fnord.phfactor.net/2006/12/ [...] ster-page/
Des photos maxi maousse : http://ninanet.net/watches/others1 [...] ikomm.html
Chez WUS : http://forums.watchuseek.com/f304/ [...] 95770.html
Chez WUS 2 : http://forums.watchuseek.com/f304/ [...] 96157.html
Une revue pour germanophone : http://www.rruegger.ch/seiko_marinemaster.htm
Une revue photo sur Timekeeper : http://timekeeper.co.nz/viewtopic.php?f=20&t=1295
Une galerie pleine à craquer : http://www.seiko-divers.info/gallery/album29?page=1

 

Un comparo fort complet avec une Sumo : http://watchfreeks.com/view_topic. [...] orum_id=25
Un autre pas moins complet avec une 16610LV : http://www.network54.com/Forum/784 [...] y+edition)
Avec le "monstre" équivalent de chez Orient : http://forums.watchuseek.com/f304/ [...] 28609.html
Plus original, face à une Doxa 750GMT : http://www.thewatchsite.com/index.php?topic=317.0

 

Une revue vidéo pas très causante, avec des plans rapprochés de qualité : http://www.youtube.com/watch?v=yLo [...] plpp_video
Une revue vidéo causante mais je comprends rien, avec une PO en comparaison : http://www.youtube.com/watch?v=fy9 [...] e2O_RgEz1g
Une revue vidéo, euh, standard : http://www.youtube.com/watch?v=dyG [...] e2O_RgEz1g
Une autre (qualité d’image très webcam 1996) : http://www.youtube.com/watch?v=Mik [...] e2O_RgEz1g
Pareil : http://www.youtube.com/watch?v=sRO [...] e2O_RgEz1g

 

Revue photo de la 6159-7001, l’ancêtre de la MM300, sur MDP : http://www.forum-mdp.com/t16198-se [...] aster-pics

 

Une plongée au cœur du boitier monobloc : http://seikoholics.yuku.com/topic/152#.T6AxXO1OPKF
Une page succincte sur le 8L35 qui anime la MM : http://watchotaku.com/display/swr/Seiko+8L35
Un démontage danois détaillé et illustré du mouvement : http://www.urforum.dk/forum/viewto [...] =9&t=13705
Discussion sur le Hardlex sur WUS (merci DrFunkenstein) : http://forums.watchuseek.com/f281/ [...] 40805.html

 


Il est intéressant de constater que j’ai dans ma boîte actuellement une montre en gros 3x moins chère (la Sumo, prix français), et une en gros 3x plus chère (la 116610LN).

 


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MM300 Vs. Sumo

 

http://uppix.net/8/8/9/7a46751b608ce94054407081e8645.jpg

 

Boîtier
La Sumo a un boîtier à la finition relativement équivalente à la MM, dans la qualité des polis, des brossés. Les cornes de la MM sont parfaitement symétriques, en passant…
http://uppix.net/5/a/b/96de69c108ba92bd17155d7711d9f.jpg
http://uppix.net/9/e/7/511d5291dc693455110c27c201b21.jpg
http://uppix.net/c/c/3/3e2da4ec84468ccfe72f6d3b2d730.jpg

 

Bracelet
Le bracelet, bien entendu, n’a rien à voir, celui de la Sumo est en toc métalloïde, avec une simple boucle et une extension de plongée en tôle emboutie. Celui de la MM300 est plus sophistiqué, avec des maillons plus travaillés, une conception qui rend sa face interne particulièrement plane et empêche tout phénomène d’épilation, et une boucle chiadée avec une extension pourtant parfaitement intégrée malgré sa longue crémaillère. Boucle qui est assez épaisse une fois fermée tout de même.
http://uppix.net/a/6/1/e8ecc1d13a879739ccf420b476c4b.jpg
MM en haut
http://uppix.net/e/c/2/5bf5c10cffe0c2c689c5dda18f6dd.jpg
http://uppix.net/3/9/f/0a69fbdbf72bd41a0394a99d700ae.jpg
MM à droite
A noter que je n'ai pas encore essayé le koutchouk livré avec.

 

Parties mobiles (lunette/couronne)
La lunette de la Sumo est assez grossière en comparaison de celle de la MM, niveau finition. En revanche son mécanisme doit être le même sur la MM, la manipulation étant relativement identique. Tout au plus le cliquetis de la MM est plus feutré. La préhension est bien meilleure sur la MM, les épaulements latéraux sur la Sumo sont une bonne idée en plongée pour éviter les mauvaises manip, mais une mauvaise quand on utilise la lunette dans n’importe quel autre cadre (minutage des pâtes).
Les couronnes sont assez équivalentes au niveau manipulation, la seule réelle différence est le sigle porté par celle de la Sumo. La couronne de la MM est parfaitement vierge.
http://uppix.net/1/5/a/f1638fb95c1bed3cd71f43bb9f909.jpg

 

Cadran
Le cadran de la Sumo est bien fini, l’application du Lumibrite est plutôt bonne, les index comme les aiguilles sont nets et bien découpés. J’avais un souci d’alignement du réhaut avec les index du cadran sur la mienne, réglé après moddage. Le cadran de la MM300 n’a rien d’extraordinaire à côté, les marquages sont tout aussi clairs et sans bavures, seule l’application du Lumibrite est bonne, mais vraiment sans plus (meilleure sur la mienne que sur certaines photos vues ailleurs cependant, question de génération ?). Rien de grave, mais si ça passe à 600€, ça fait plus tiquer à 2000. Pas de soucis avec le réhaut. En revanche, si la trotteuse n’a rien de sensationnel (polie, découpe nette ce sont en fait les mêmes sur les deux montres), c’est carton plein pour les deux autres : brossées sur le dessus, chanfreins polis sur les bords, épaisses, elle sont magnifiques.
Le disque de date à la texture et couleur métallique fait son effet aussi. Et contrairement à certaines Sumo, pas de soucis d'alignement de la date avec le guichet...
http://uppix.net/5/3/9/9e00beb0778e2cbd329c380f8bca6.jpg
http://uppix.net/2/3/a/2c35dc0d2e6237d889c9f56a921cd.jpg

 

Mouvement
Niveau mouvement, le 6R15 est un bon tracteur. Le 8L35 est un Grand Seiko simplement débadgé. Il est plus précis et bat plus vite (21600alt/h contre 28800). A l’utilisation, les deux sont donc relativement équivalents, ma Sumo étant déjà très précise (+4/5sec/jour). Seule la trotteuse plus fluide fait une vraie différence, mais le 8L35 a aussi l’attrait d’être assez exclusif. Je n'ai pas vraiment regardé la dérive de la MM depuis quelques jours, tout simplement parce que plus ça va, plus j'ai tendance à m'en foutre (hormis la Sub, imbattable dans sa régularité, je porte rarement mes montres plus d'une semaine, la donnée n'est donc pas vraiment pertinente).

 

Verre
Hardlex contre Hardlex traité anti reflet. Pas grand-chose à dire. L’AR d’ailleurs n’est qu’un traitement interne, ce qui réduira les réflexions parasites entre la face interne du verre et les éléments brillants du cadran. Mais d’extérieur la différence avec un verre non traité n’est pas flagrante hormis un léger halo bleu sous certains angles. Comme j'ai équipé avec l'aide de Gab ma Sumo d'un saphir Yobokies lui aussi traité AR interne, les deux ont ce reflet bleuté spécifique au traitement.
La légende (plusieurs avis lus de-ci, de-là) voudrait que le Hardlex de la MM300 soit "de meilleure" qualité (comprendre plus dur, donc résistant aux rayures) que celui de la Sumo. Rien de scientifique, je pense que c'est plutôt une sorte de méthode Coué pour faire passer la pilule prix, et la déception (réelle) de ne pas avoir un vrai saphir.

 

Luminova
Le Lumibrite des deux montres a un aspect crèmeux (couleur et texture) le jour, et luit vert la nuit. Comme toujours, le Lumibrite c'est le caviar du luminova, à mon sens faut taper chez Rolex pour avoir la même efficacité, sauf que chez Seiko on trouve le même dès l'entrée de gamme. Les deux montres sont donc parfaitement lisibles après 30sec de charge sous UV, et une nuit de 8h.
http://uppix.net/a/b/6/bbcb967941cb609caa4e5d9e88b6c.jpg

 

Au porté
Au porté la MM est plus épaisse, et son ouverture de cadran moindre ainsi que la distance corne/corne moins importante amplifient cette sensation. Elle est plus trapue quoi. La forme très plate du fond réduit l’inconfort lié au poids (MM 200gr, Sumo 180gr) et au fait qu’elle est assise assez haut sur le poignet. La Sumo moins épaisse est mieux plaquée sur le poignet. L’entrecorne de 20mm permet de donner une impression de volume contenu aux deux montres, cependant l'association "gros boîtier + bracelet 20mm" passe mieux sur la MM. Question d'équilibre de la ligne. La MM comme la Sumo sont des exemples de confort.

 

Bref, comme toujours la Sumo est une tueuse à son prix (français, encore plus à son prix import). Mais le saut en gamme avec la MM300 est sensible, et largement jusitifé par le bracelet, le mouvement, son boîtier monobloc et une ligne que je trouve plus homogène. Cependant j'arrive à cette conclusion avec un léger malaise. La Sumo propose vraiment beaucoup pour son prix. La MM est ZE coup de coeur, mais pour qui ne s'intéressent pas vraiment aux spécificités techniques de celle-ci (étanchéité, monobloc, qualif HE Gas,, calibre, boucle) ?
Je pense que la pire des concurrentes pour la MM, ce ne sont pas des Suisses ou des Allemandes à prix équivalent, mais bien sa petite soeur. Le saut en gamme était par exemple plus flagrant entre mon ex Stargate et ma Sumo, qu'entre la Sumo et la MM, ne serait-ce qu'en terme de finitions externes.

 


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MM300 Vs. 116610LN

 

Face à la Sub, ben… Le positionnement tarifaire de Rolex est débile, stupide, délirant, etc. Mais le fait est que, en termes de qualité ressentie, la Sub est sur une autre planète. En mains la Sub semble plus "dense" que la MM300, malgré un poids inférieur (150gr).

 

http://uppix.net/6/a/2/f68bd5155d863ceb8bed7d25ed045.jpg

 

Boîtier
Malgré ses cornes élargies, la 116610 passe pour une mannequin nourrie aux graines d'oiseau à côté de la MM. Celle-ci est plutôt généreuse voire rondouillarde à côté. Les lignes de la Sub sont tendues, les arrêtes (très) franches, la MM est tout en galbes. Les alternances brossés/polis sont agréables, bien que la montre brille un poil trop à mon goût, critique que j'adressais déjà à ma Sumo, et à ma Stargate avant elle. La Sub est bien plus sobre et discrète à ce niveau.
Deux choses choquent lors de la prise en main. La différence d'épaisseur, et l'ouverture du cadran. C'est évident, la MM est bien plus épaisse, et son boîtier généreux en largeur lui donne une carrure bien plus imposante. Mais l'ouverture du cadran est équivalente à celle de la Sub, voire légèrement inférieure de visu si l'on exclut le réhaut. Ajoutez l'impression de profondeur conférée par la lunette imposante, le verre en retrait du bord supérieur de cette lunette, et probablement un effet visuel dû au verre double dôme, et on est face à un couscoussier à l'identité visuelle très forte.
La couronne de la MM n'a pas d'épaulements spécifiques, étant protégée par la carrure du boîtier. Cependant j'aime décidément vraiment beaucoup, beaucoup, les montres avec la couronne à 4h.
http://uppix.net/a/e/d/98dfca4f5b89237690f7c78b965c5.jpg
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http://uppix.net/9/c/9/614ffee7cd4144b0b2732fdd80c57.jpg

 

Bracelet
Niveau bracelet les maillons de l’Oyster sont moins gros que ceux de la MM (largeur 20-16 contre 20-18, épaisseur et longueur moindre), en revanche les tiges à visser sont un peu plus civilisées que les tiges à goupilles de Seiko, les mêmes que l’on trouve dès les gammes Seiko 5. La boucle inutilement compliquée selon certains de la Sub offre moins de latitude dans les réglages, car les micro-ajustements et l’extension de plongée ne font qu’un (contrairement à la SDDS qui a une vraie extension). L’amplitude des réglages sur le bracelet de la MM est énorme avec cette gigantesque extension de plongée, plus 4 crans de micro-ajustement. Mais encore une fois, la Glidelock Rolo est une merveille à utiliser, d’un raffinement technique totalement fou, celle de la MM est pratique et certainement beaucoup moins fragile, mais pas de quoi s’extasier non plus.
Mais là où l'Oyster se distingue, c'est encore dans cette sensation de densité qu'il procure. Peut-être est-ce dû à son usinage totalement parfait (y compris dans les parties que l'on "ne voit pas" ), à sa rigidité extrême et aux formes des maillons, beaucoup moins basique en fait qu'au premier coup d'œil. Tout est question de tolérance dans les assemblages (par exemple la partie centrale des maillons et les parties latérale laissent apparaître une légère fente sur certains de la MM, inférieur au quart de millimètre mais là quand même, chez Rolex l'assemblage est micrométrique), de textures (aspect plus brossé chez Rolex, plus homogène et du coup presque moins métallique chez Seiko), de bruit quand on manipule la boucle (le petit "clic" franc quand on ferme la Glidelock, raaah), etc.
A noter que Seiko, comme Rolex, utilise des pompes d'un diamètre spécifique, plus important que la normale.
http://uppix.net/8/f/9/bda5dea5d5f3cfd00b6da3b91e4b8.jpg
MM en haut
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http://uppix.net/5/9/2/9cd36ff269335b09dbe28f7f62976.jpg
MM à droite

 

Parties mobiles (lunette/couronne)
La manipulation de la lunette de la Sub est douce, souple, ultra précise, mais celle de la MM n’a pas à rougir. Son dessin la rend plus grossière, mais elle se manipule tout aussi bien, avec un cliquetis plus feutré et une résistance un poil supérieure. L’insert en céramique de la Sub est superbe, mais l’insert en acier de la MM n’a visuellement rien à lui envier même s'il reflète la lumière de manière moins élégante (pas de phénomène "rayons de soleil" comme la Sub). Et surtout si ce dernier va inévitablement vieillir (rayure, décoloration potentielle, etc.), au moins il résistera mieux aux chocs directs et ne coûtera pas près de 1000€ en cas de remplacement. Les deux se salissent aussi vite en tout cas, la faute à l'aspect glossy noir.
Très bien vu chez Seiko : la large encoche entre la lunette et le boîtier à 12h, pour permettre de la faire sauter facilement avant un démontage, sans avoir à chercher le cran à l'aveugle avec la pointe du couteau.
La manipulation de la couronne est hyper souple et précise sur la Rolo, du dévissage au réglage du mouvement, en passant par le débrayage du remontage manuel quand on pousse la couronne à fond pour la revisser. Le pas de vis accroche dans 100% des cas, et la conception Triplelock assure une étanchéité parfaite. Parfaite est la couronne de la Sub, je vois pas d’autres mots. A côté la couronne de la MM est parfaitement basique : un seul joint, un pas de vis minuscule auquel il faut faire attention au revissage, un peu de jeu dans la tige…
http://uppix.net/c/a/9/aeb79d837e6c8f73c614c664c410d.jpg

 

Cadran
Cadran brillant en émail sur la Sub, cadran mat sur la MM. Les deux ont des index cerclés, appliqués en or blanc sur la Sub, emboutis sur la plaque du cadran et peints sur la MM. Différence de matériaux, de finition, c'est toute l'histoire de ce comparo.
Idem pour les aiguilles, or blanc mais sans chichis sur la Rolo, avec cependant une finition hallucinante (découpe, application du luminova). Au moindre rayon de soleil, ça explose de reflets, c'est magnifique. Sur la MM les aiguilles heure/minutes font leur effet avec leurs alternances de textures, et visuellement faudrait y aller en macro pour déceler un défaut de finition. Mais l'aiguille des secondes est une vraie déception quand on colle son nez dessus, c'est en fait exactement la même que sur le Sumo. Elle est basique, vraiment, et c'est dommage.
http://uppix.net/a/8/e/6ed5d0e8e59511714178ed4516ab6.jpg
http://uppix.net/4/7/c/87de093dc43727a3f95a5eb7fb9de.jpg

 

Mouvement
Niveau mouvement le Rolex 3135 est un tracteur connu et reconnu. C’est pas ma grande spécialité, mais le 8L35 est tout de même un mouvement des années 2000 capable d’une précision tout aussi bonne, avec une meilleure réserve de marche, un rotor monté sur roulement à billes, et certainement plein d’autres raffinements. Le remontage manuel des deux mouvements est très doux, tout comme le réglage de l'heure. A noter que lors du réglage, l'aiguille des secondes à un peu de jeu sur la MM lorsque l'on joue avec la couronne dans un sens et dans l'autre. La date sur la Sub saute en un battement de cil à 0h03, tandis que sur la MM, elle commence à bouger lentement vers 22h50 pour ne sauter qu'à 23h58. En secouant la montre, on arrive à entendre le rotor du 8L35, tandis que celui du 3135 reste parfaitement silencieux, quelque soient les mauvais traitement.

 

Verre
Niveau verre c’est saphir brut (avec verrue, oui, d'accord) contre Hardlex anti-reflet. J’ai tendance à préférer le saphir, plus facile à vivre qu’un minéral qui ne se polira pas en cas de rayure. Et comme je n’ai pas l’intention de taper ma montre sur un rocher des grands fonds, la plus grande résistance du Hardlex aux impacts ne m’intéresse pas vraiment.

 

Luminova
Le Chromalight est parfaitement blanc, et à un aspect légèrement poudreux face au Lumibrite crémeux.
En utilisation nocturne, le Lumibrite Seiko est, comme à son habitude, une véritable lampe à bronzer dans les premières minutes après la charge. Le Chromalight est plus discret, feutré avec ses teintes de bleu, mais niveau endurance les deux sont clairement dans le haut du panier. La Sub comme la MM sont toutes les deux parfaitement lisibles dans le noir après une charge de 30sec sous lampe UV et une nuit de 8h.
http://uppix.net/8/e/9/4de773d5c6a52d023f4ec77462f14.jpg

 

Au porté
La MM enfin est assez lourde, et l'essentiel du poids est concentré sur le boîtier. Le bracelet lui est assez léger. Comme elle sied assez haut sur le poignet, il faut ajuster finement le bracelet pour qu'elle ne se balade pas trop. La Sub, plus fine, moins lourde, avec son poids mieux équilibré entre le boîtier, le bracelet et la boucle n'a pas ce problème. Les deux sont très confortable, mais j'aurais tendance à déconseiller un port lâche sur la MM.

 

La Sub est une superbe pièce, qui se démarque par l'attention extrême portée aux détails. Je sais pas, c'est comme mettre en face une Audi et une Peugeot haut de gamme. Les deux sont confortables et roulent bien, mais Audi aura passé plus de temps à étudier le bruit que fait une portière lorsqu'on la ferme, pour le rendre plus agréable, mais aussi plus satisfaisant, de manière à ce qu'il donne une impression de qualité. C'est sur ce genre de démarche que Rolex se distingue, et c'est ce genre de détail qui au final fait la différence. En face la MM300 est clairement moins bien finie, plus massive, moins sophistiquée.
Alors, est-il justifié de payer le triple ? Si on regarde les finitions et les matériaux utilisés, il est justifié de payer plus cher, mais le triple ? Chacun jugera librement. A mon avis, la Sub joue dans une autre cour, en abandonnant au passage sa vocation de véritable toolwatch. Alors que, paradoxalement, la MM est beaucoup plus clinquante au poignet avec la profusion de parties polies.
Hormis l'étanchéité, je vois la MM300 comme la Sea Dweller de Seiko : une montre efficace, durable, baroudeuse, mais qui ne sacrifie pas totalement l'élégance et le confort au porté face aux exigences techniques (comme les Tuna, les PloProf…).

 


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Est-ce toujours "la plus belle plongeuse du marché" ? Même si tout n'est pas aussi chiadé que sur la Rolo, je dis oui. On plonge littéralement dans ce cadran engoncé profondément dans ce boîtier massif, la lunette est parfaite avec un insert parfaitement équilibré et lisible, le boîtier monobloc offre des lignes superbes, les index sont parfaitement proportionnés… Et puis, comme la Sub, elle a quelque chose d'indémodable. Il suffit de voir les 6215 et 6159 des années 60 et 70 pour constater que les recettes stylistiques de l'époque font encore mouche aujourd'hui, la MM300 étant incroyablement proche de ses ancêtres.

 

Si on regarde chez le reste de la concurrence, dans cette gamme de prix je ne vois pas grand chose à mettre en face chez nos amis suisses. La SuperOcean est plus chère, la PO explose les tarifs dans sa dernière version, les dernières Tudor sont à 1000€ encore au-dessus… On pourrait regarder chez Oris peut-être, ou Doxa, mais on sort des grands ténors. Peut-être encore Longines, ou Vulcain, mais là aussi pas sûr des prix. Et peu ont la caution "mouvement in house". Une chose est certaine, le rapport qualité/prix de la MM est indécent. Dans le bon sens.
Pour ce que je connais, la MM300 se situe au-dessus de l’ancienne génération de PO, à peu près sur tous les plans. Et la PO était toujours 1000€ plus chère. Il ne lui manque au final qu’un saphir et une couronne un peu plus élaborée qui inspire plus confiance à la manipulation pour être définitivement parfaite.

 

Bref, une plongeuse avec ces prestations, un mouvement moderne de manuf’, et une gueule d’enfer indémodable à 1800-2000€, c’est du tout bon.
Mais j’oubliais, ce n’est "qu’une Seiko".
http://uppix.net/8/a/7/3f8b588c8ab2761320bdacf0c49ff.jpg
http://uppix.net/1/f/a/c2227da8ed686119f4a9ed072b7bb.jpg
http://uppix.net/b/f/4/c9b3296f781e1cc6709e0610aeadc.jpg

 

Comme j’ai un peu débordé : tagrevue / taggrevue Seiko MarineMaster MM300 SBDX001 quand même.

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Message édité par supapictave le 14-05-2012 à 20:40:02

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Posté le 27-08-2012 à 18:16:20  profilanswer
 
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Petite taggrevue de ma Casio G-Shock GW-3500BD-1AER.
 
Achetée comme toolwatch de l'été, je l'ai portée en alternance avec ma Sub pendant 2 semaines où elle en aura vu pas mal : chaleur, crème solaire en quantité (y a encore des restes), transpiration, baignades, vélo, kayak, rando dans la caillasse, une ou deux gamelles…
http://uppix.net/3/5/7/398ddf0861b780a13e3b84dc980c1.jpg
 
J'ai déjà exprimé mon enthousiasme à propos de la chose il y a quelques semaines après l'avoir reçue. La porter et l'utiliser n'ont fait que confirmer cet enthousiasme.
http://uppix.net/4/b/c/76b53bc8215fa2a7f5549ef10c0a7.jpg
 
Petite revue de détails donc.
 
Quelques caractéristiques :
- Hauteur corne à corne : 52,5mm
- Largeur max : 49,8mm
- Epaisseur : 15,5mm
- Poids : environ 150gr
 
Fonctionnalités :
- Heure radiopilotée
- Charge solaire
- Heure mondiale sur 29 fuseaux horaires
- Chrono au 1/10è de seconde sur 23h59min max
- Compte à rebours sur 1h max
- 5 alarmes indépendantes dont 1 avec fonction de répétition ("snooze", sonne toutes les 5min 7 fois tant qu'elle n'a pas été désactivée)
- Calibrage auto ou manuel des aiguilles en cas de décalage (magnétisme, choc, etc.)
 
La montre est une hybride analogique/numérique, les deux grandes aiguilles donnent l'heure de manière tout à fait normale et ne servent qu'à ça. Les seules occasions de les voir bouger autrement sont en choisissant d'inverser l'heure mondiale et l'heure courante, ou en lançant une calibration manuelle des aiguilles.
http://uppix.net/6/1/1/bd422126f4c85153e7c41cc637b04.jpg
 
Le sous cadran à 3h montre l'heure choisie en mode heure mondiale.
Le sous cadran à 9h indique l'état de la charge, lorsque la montre est en économie d'énergie (PS pour power save), l'état de travail du module radio, du fuseau horaire indiqué dans l'écran du bas en mode de lecture de l'heure, et le mode de fonctionnement selectionné (WT pour worldtime, ST pour stopwatch, etc.).
 
L'écran du bas sert la plupart du temps à donner des données chiffrées : le chrono, la date et les secondes en mode lecture de l'heure, l'heure des alarmes…
L'écran du haut peut afficher des chiffres (par exemple le nombre d'heures chonométrées), mais aussi des lettres (le jour, le code ville des fuseaux horaires, l'alarme sélectionnée…).
L'écran rond à 13h indique l'activation ou non des diverses fonctions. Les écrans étant en négatifs, chaque quart de l'écran est noirci quand la fonction correspondante est inactive.
 
La navigation dans les fonctions est aisée grâce aux écrans, et le jeu des appuis longs ou courts sur les boutons pour régler et activer les fonctions est un jeu d'enfant quand on connaît déjà un peu les modules Casio.
 
La montre faisant partie de la gamme Gravity Defier, axée pilotes et aviation, les fonctions sont exclusivement dédiées à la lecture et à la mesure du temps. Sur ce créneau, il ne manque rien, et la montre permet d'afficher instantanément 3 fuseaux horaires indépendants (en mode lecture de l'heure, les deux grandes aiguilles pour le fuseau courant, le sous cadran à 3h pour l'affichage permanent de l'heure sélectionnée en mode WT, et l'écran du bas qui permet l'affichage d'une 3ème heure en numérique). Evidemment, toutes les fonctions sont utilisables et affichables en même temps que d'autres. Difficile de faire plus complet.
Seule critique, le sous cadran worldtime n'indique l'heure que sur 12h, ce qui peut poser un problème de lecture si on choisit un fuseau qui a un gros décalage avec l'heure courante.
 
Autre petit souci, la durée des sonneries (compte à rebours ou alarme) est courte, 10sec, et le volume est pas excessivement fort. Pour les gros dormeurs, si vous utilisez la montre comme réveil, la fonction snooze s'impose.
 
Le boîtier est évidemment massif, épais, mais les 150gr ne se font vraiment pas sentir. Bien qu'elle pèse le même poids que ma Sub, le ressenti est totalement différent, et la G-Shock semble beaucoup plus légère.
Le fond verrouillé par 4 vis est parfaitement plat, la montre est donc bien posée sur le poignet.
http://uppix.net/8/7/a/fe62362a16e2f7eb2c896665f84cf.jpg
Toute le boîtier n'est pas en résine, il y a un cadre en acier sous la lunette qui donne une touche métallique discrète à la montre. La lunette est saillante, et protège bien le verre minéral bombé des chocs. D'ailleurs, après plusieurs chocs ou frottements contre des murs, des tables... le boîtier est quasi comme neuf après un petit nettoyage. Et point besoin ici de bols d'Evian et de chiffons en microfibres agréés par le fabricant. L'éponge de la vaisselle suffira.
 
Le bracelet est de qualité correcte, facile à régler grâce au système de pompes qui remplace les barrettes ou les tiges vissées. La boucle est simple, avec des lames en bête tôle emboutie, avec un seul système de verrouillage. Elle dispose de 3 crans de micro ajustement. Dans mon cas (19cm de poignet) il en manque un, ou un demi maillon, pour trouver le réglage vraiment parfait. Les jours de forte chaleur (jusqu'à 40° en Ardèche), j'aurais aimé pouvoir donné un peu de mou. Cependant je n'ai rien d'autre à reprocher, et de retour sous le climat normand, je n'ai plus ce genre de problème...
Le revêtement PVD noir de Casio est en revanche d'excellente qualité, et ne se laisse pas facilement rayer, même sur des rochers ou le bord en grosses dalles brutes d'une piscine.
http://uppix.net/5/1/3/a86b401e77a49ad4a185cc49cd503.jpg
 
Les finitions n'appellent pas de commentaires particuliers. Les assemblages sont bons, seule la découpe des aiguilles n'est pas super nette sous certaines angles.
 
La lisibilité nocturne est comme le reste : bien pourvue.
Les aiguilles et index sont tartinés de Neobrite, le luminova maison de Casio. Il ne brille pas aussi bien et aussi longtemps que les meilleures peintures luminescentes (Rolex, Seiko…), mais il fait le job et assure bien une nuit de lisibilité, tant qu'on ne fait pas une trop longue grasse matinée. Comptez 6h de bonne lisibilité. En revanche les sous cadrans n'en bénéficient pas.
http://uppix.net/8/e/2/767763a5bff8ab1806d1f7fe0f878.jpg
 
Quand le Neobrite faiblit, une LED jaune/orange peut prendre le relai, et éclaire pendant 1 ou 3 secondes le cadran. On peut alors lire les sous cadrans. En revanche les écrans ne sont pas rétroéclairés, et la LED est insuffisamment puissante pour les éclairer, il faut donc s'en passer de nuit.
http://uppix.net/b/f/6/a812694759b4e2981e192d8206f24.jpg
 
La lisibilité globale est excellente, en revanche dans certaines situations de contrastes les écrans en affichage négatif peuvent poser problème, il tournent au noir opaque. Ce n'est pas archi courant non plus, mais ça arrive, et la taille des écrans n'aide pas dans ce genre de situation. Pas de quoi rendre la montre inutilisable, mais un affichage normal est clairement plus lisible dans toutes les circonstances.
http://uppix.net/c/c/d/1e8f1f394a1d23f0fdde0b1afb6fc.jpg
 
Faisant partie de la famille G-Shock, on peut maltraiter la montre sans arrières pensées, et l'étanchéité à 200M permet de faire la vaisselle l'esprit tranquille (et d'utiliser l'éponge pour la toilette, donc).
L'autonomie est de 6 mois à pleine charge en maintenant un usage normal de la montre si on ne voit pas la lumière (c'est très courant…). Et beaucoup plus quand elle est stockée en mode économie d'énergie.
La précision n'est évidemment pas un souci, la montre s'est synchronisée régulièrement toutes les nuits à 3h02 pétantes.
http://uppix.net/e/6/4/12778fcf9ee0f2b3ded4c22663b44.jpg
 
Bref, pas un achat à la con, et je suis fan. La prochaine (GW-A1000D) est déjà en route directement du Japon. La suivante (Oceanus OCW-T1010, dans un style différent) est programmée après les impôts.
http://uppix.net/b/5/0/47085ecfe78e78655c8467017bc07.jpg
 
Le manuel pour les curieux : http://www.support.casio-europe.co [...] qw5173.pdf

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Message édité par supapictave le 27-08-2012 à 18:31:59

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supapictav​e
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Posté le 10-02-2014 à 23:56:36  profilanswer
 
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TAGGREVUE SevenFriday P2-1
 
http://www.grossesaveur.com/uploader/images/dsc004php.jpg
Petite revue rapide de cet objet singulier, qui mérite que l’on se penche dessus. Je vais aussi tenter de décrypter ce qui se cache un peu derrière cette montre, qui fait un peu parler d’elle en ce moment.
 
Tout d’abord, c’est un pur achat totalement compulsif, suite à une annonce alléchante passée il y a quelques jours et relayée par Genghis d’un gars qui en vendait une quasi neuve à moitié prix. Forcément, dans ce genre de situation on se dit pourquoi pas. C’est donc par un venteux vendredi 7 (heureuse coïncidence) que j’ai pu mettre mes paluches dessus. Je l’avais déjà croisée, cette montre, au Bon Marché. Je n’y avais pas réellement prêté attention, la vitrine SevenFriday étant juste à côté de celle de MB&F, je m’étais dit que c’était dans les mêmes eaux tarifaires, et qu’il était donc inutile que je m’y attarde.
 
SevenFriday donc est une jeune marque zurichoise créée par Daniel Niederer en 2012. La philosophie de la marque, dixit son créateur lors de diverses interviews, est de proposer des produits qui bousculent les codes traditionnels de l’horlogerie, avec une haute qualité de fabrication et une conception un peu chiadée, tout en restant accessible au commun des mortels.
Niederer a semble-t-il fait l’essentiel de sa carrière en management dans des boîtes de distribution de produits de luxe, dont les montres, et a travaillé dans un studio de design avant de créer SevenFriday. Marketing et design sont donc les deux mamelles de la marque.
http://www.grossesaveur.com/uploader/images/dsc004xgx.jpg
 
Question marketing donc, le bonhomme semble savoir y faire. La communication de la marque est très orientée web deupoinzéro à destination d’un public jeune et branché, avec une utilisation intensive des réseaux sociaux (Facebook, Twitter, Instagram, Youtube) et autres blogs horlogers (tous ont reçu leur exemplaire, de Ablogtowatch jusqu’à Hodinkee) pour se propager, et en parallèle des events dans différentes "the place to be" (New York, Londres, Los Angeles, Dubaï, New Delhi…) organisés via Facebook. Attention, d’après les vidéos Youtube et les photos Instagram, ces events contiennent une forte dose de moustaches/barbe de 3 jours et de lunettes à grosses montures. Voire de chemises à carreaux. En France la marque est notamment exposée chez Colette. Branchouille donc, le mot est lâché. De fait, l’engouement autour de la marque est assez fort, bien au-delà des cercles traditionnels d’amateurs d’horlogerie. Ce qui explique certainement que le vendeur ait reçu une quarantaine de demandes via son annonce en un peu moins de 24h. Et c’est bibi qui a décroché la queue du Mickey. Eh ouais.
 
Si on se penche sur la montre, on trouve tout d’abord une fiche technique plutôt banale, voire chiante :

Citation :

Mouvement : Miyota 82S7 automatique, remontage manuel, registre 24h, petite seconde, 21600alt/h, RDM 40h, précision -20/+40sec/jour, pas de hack
Dimensions : 47mm x 47.6mm, boitier sans cornes
Epaisseur : 13mm environ
Poids : 120gr
Couronne : non vissée  
Etanchéité : 3ATM
Verre : minéral bombé traité AR
Bracelet : cuir, 28mm au boitier, 24mm à la boucle
Prix catalogue FR : 850 à 1300€ selon les matériaux


 
SevenFriday ne vend pour l’instant qu’un seul modèle de montre, décliné dans de multiples coloris. Celle qui nous intéresse est la P2-1 (les différentes références correspondent à des couleurs différentes), la version traitée en divers tons gris, cadran gris et doré/cuivré, bracelet marron foncé. Le boitier est en majeure partie en acier 316L traité PVD, sauf ce qu’ils appellent l’animation ring (la pièce unique qui constitue la tranche de la montre) qui est en aluminium. Aluminium que l’on retrouve sur l’ensemble des éléments du cadran. On trouve donc une alternance intéressante de matériaux et de textures. A noter que ce fameux animation ring est décliné dans d’autres matières selon les modèles : acier, silicone, bois (!).
Niederer ne s’en cache absolument pas (il admet même ouvertement que le label Swiss Made c’est dans bien des cas de la foutaise), il n’y a aucun Swiss Made là-dessous. Tout est intégralement fabriqué et assemblé en Chine et à Hong Kong pour garder des coûts de production bas, avec des fournisseurs et assembleurs soigneusement choisis pour maintenir les standards de qualité voulus.
 
Vous l’aurez compris, on achète pas un monument de Haute Horlogerie, mais plutôt un pur objet de mode, un délire de designer. Et le délire commence avec le packaging, qui se présente sous la forme d’une boîte en bois qui pourrait tout à fait contenir une bouteille de pinard, ou des pièces mécaniques.  
http://www.grossesaveur.com/uploader/images/dsc00468.jpg
La boîte est franchement énorme, avec diverses inscriptions marquées à chaud sur le bois, certainement pour faire "plus vrai".  
http://www.grossesaveur.com/uploader/images/dsc004pvp.jpg
http://www.grossesaveur.com/uploader/images/dsc004jrj.jpg
A l’intérieur on retrouve la montre sur son support, la carte de garantie, une chiffonnette rouge plutôt chouette, une plaquette de stickers et le manuel en mode dépliant Ikéa. Ca change certes des boîtes pseudo luxueuses en cuir de plastique, en participant à la volonté de créer un design industriel.
http://www.grossesaveur.com/uploader/images/dsc004jzj.jpg
 
L’industrie donc, c’est l’univers de SevenFriday. C’est relativement évident au premier coup d’œil sur le cadran, où tout évoque rouages, roues, vis, plateaux, matériaux bruts. Si on lit les différents communiqués de presse, on découvre que SevenFriday a voulu par les jeux de matériaux et de couleurs rattacher le visuel de ses montres à des périodes ou des domaines de l’industrie.  
La série P1 en acier évoque l’industrie moderne, aseptisée et inoxydable dans les déclinaisons acier brut ou mécanique et automatisée pour la déclinaison Automations dont les couleurs flashy font penser aux robots industriels (assemblage automobile par exemple), la série P2 avec ses accents foncés et cuivrés rappelle plutôt la Révolution Industrielle (avec pour le coup presque des touches de steampunk), la série P3 intégralement noire avec l’animation ring en silicone qui fait penser à un pneu et donc l’industrie automobile…
http://www.grossesaveur.com/uploader/images/infosriep.jpg
Bref, tout ceci est réfléchi, et la conception assez modulaire du boitier permet d’obtenir plein de combinaisons différentes de textures et de matières. D’ailleurs SevenFriday continue à décliner la P jusqu’à plus soif. On se demande alors qu’est-ce qui les empêche de proposer un service de montre à la carte, où l’on choisirait son cadran, son boitier, son bracelet…
 
Mais au final, ça donne quoi, dans la vraie vie ?
Ben faut avouer que c’est sympa. Les efforts en termes de finition sont vraiment appréciables. Mis à part le bracelet d’origine qui est de qualité moyenne à mauvaise, la montre est solidement assemblée, les matériaux choisis sont franchement qualitatifs, les découpes parfaites, les marquages nets. Le boitier est pour l’essentiel microbillé, sauf le fond qui est brossé, et la partie de la lunette qui enserre le verre qui est soleillée. C’est subtil mais appréciable.
http://www.grossesaveur.com/uploader/images/dsc004jyj.jpg
http://www.grossesaveur.com/uploader/images/dsc004bnb.jpg
 
L’attention portée aux détails est assez impressionnante. Evidemment c’est le cadran qui attire le plus l’attention. Elément central de l’identité visuelle de la montre, il est constitué de 5 couches différentes. L’anneau extérieur avec le chemin de fer minutes, de couleur cuivre, est soleillé, avec à 10, 2 et 6 heure des index appliqués.  
http://www.grossesaveur.com/uploader/images/dsc00496.jpg
L’anneau suivant est noir et guilloché en sillons concentriques, et comprend notamment deux pointeurs vissés qui permettent de lire précisément le plateau des 24h et le plateau de la petite seconde, et de même motif et même couleur on trouve la partie "open heart" qui laisse apparaître le balancier du Miyota.
http://www.grossesaveur.com/uploader/images/dsc00478.jpg
http://www.grossesaveur.com/uploader/images/dsc004iqi.jpg
Si on descend d’un cran c’est la partie en alu bouchonné sur laquelle sont placés les marquages.
http://www.grossesaveur.com/uploader/images/dsc004fqf.jpg
En se rapprochant encore du centre on trouve une partie cuivrée avec de nouveau un guillochage en sillons pour indiquer les heures (mais seulement de 10 à 16h, le reste étant pris par les plateaux 24h/secondes et l’open heart), avec 3 index appliqués. Le dernier niveau au centre, que l’on peut voir au travers du motif évidé de l’aiguille minutes, est de nouveau en alu cuivré et soleillé à la manière du premier anneau le plus à l’extérieur.
http://www.grossesaveur.com/uploader/images/dsc004vrv.jpg
 
L’aiguille des minutes est la plus imposante, grise et évidée, avec un motif que l’on retrouve sur la couronne et qui rappelle aussi l’alternance index peints/appliqués sur le chemin de fer des minutes. Et l’aiguille des heures est cuivrée, plus simple, avec une partie en pointe pleine. Elle ne dépasse que très peu du cercle central de l’aiguille des minutes. Le plateau des 24h (couplé à l’aiguille des heures, donc pas de fonction GMT en vue) et le plateau de la petite seconde tournent tranquillement dans leur coin et sont tous les deux noir mat avec des inscriptions en blanc.
 
Le fond est gravé avec plein de trucs : N° de série, type de mouvement, étanchéité, dimension, matière de l’animation ring, etc. C’est propre, net, plutôt ludique. Ca me rappelle que ce Bell & Ross fait sur ses BR0X.
http://www.grossesaveur.com/uploader/images/dsc004zfz.jpg
 
Le bracelet en cuir est souple, mais va vieillir je pense assez vite et mal. Il commence déjà à être râpé au niveau de la boucle.  
http://www.grossesaveur.com/uploader/images/dsc00494.jpg
Boucle qui en passant est, à l’image du boitier, assez détaillée, avec une alternance de brossé et de poli, et des marquages propres. La dimension atypique du bracelet (28mm au boitier, 24 à la boucle) va rendre son remplacement délicat, d’autant plus que la plupart des bracelets en 28 du marché font plutôt 26mm à la boucle, et que ça serait dommage de mettre cette dernière au placard.
http://www.grossesaveur.com/uploader/images/dsc004fcf.jpg
http://www.grossesaveur.com/uploader/images/dsc004olo.jpg
 
La montre n’ayant pas de cornes, elle est confortable malgré ses dimensions généreuses. Le large fond plat fait qu’elle se pose bien sur le poignet. Elle est étonnamment lourde, et a tendance à rouler sur l’extérieur de mon poignet. Il faut la porter assez ajustée pour qu’elle se tienne bien.
 
Elle est donc bien finie, avec des matériaux corrects, et a une tronche sympa. Mérite-t-elle son apparent succès ?
La réponse n’est pas évidente. Oui, le dessin est sympa. Cisco la comparait l’autre jour à une Urwerk ou une Hautlence pour une fraction du prix. Et effectivement y a de ça, de ce côté le contrat est rempli par SevenFriday. Pour autant, est-on face à quelque chose qui met un coup de pied dans la fourmilière de l’horlogerie industrielle de grande diffusion comme aime à le proclamer Niederer ?  
 
Evidemment, non, ça ne surprendra personne. La présentation est cool, change de ce que l’on voit d’habitude dans ces gammes de prix. Mais au final, ce n’est qu’une 4 aiguilles (registre 24h) un peu habillée. Avec une telle forme et un tel dessin, on a envie d’avoir un truc de l’espace, qu’il faut apprendre à lire et à faire fonctionner. Un truc pas forcément pratique à utiliser, mais on s’en fout, car on a le frisson de l’exclusivité et le délire mécanique qui se cache derrière.  
De tout cela, on a sur la SevenFriday que la lisibilité difficile, car l’aiguille des heures est quasiment inutile (on s’y retrouve plus vite en lisant le disque 24h), et le cadran manque de contraste, ce qui rend la lecture des minutes compliquée quand l’aiguille est au-dessus de l’anneau bouchonné. L’aiguille des heures cuivrée parcourt la moitié de son trajet au-dessus d’un fond cuivré, et l’aiguille des minutes grise est quasiment tout le temps au-dessus d’un fond gris ou noir. Et dès que la luminosité est faible, la montre est illisible, les aiguilles étant totalement mattes et sans luminova évidemment.
Si on ajoute que pour 1000€ on a un mouvement japonais tout à fait standard voire basique (pas de stop seconde, un ajustement qui semble très à l’avance sur la mienne, au moins le rotor est discret), un bracelet bof et un verre minéral simple et non un saphir, on est en droit de penser que ça fait cher le délire stylistique illisible mais à la mode.
 
http://www.grossesaveur.com/uploader/images/dsc005czc.jpg
 
Tout ceci pourrait sembler bien tiédasse comme avis, c'est vrai, mais c'est avec le prix catalogue en tête. A moitié prix, forcément, les choses sont différentes, clairement l'offre est plutôt canon. C’est vraiment un ajout sympa à une boite remplie de montre tradichiantes. Ca a de la gueule, ça se remarque, ça fait causer. Faut aimer. Je ne sais pas si je la porterai beaucoup, ni même si je la garderai longtemps (dans le pire des cas j’ai déjà un repreneur), en attendant je ne regrette pas d’avoir succombé à la bonne affaire.

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Message édité par supapictave le 11-02-2014 à 10:41:04

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