L'in-nulrevable a écrit :
Je crois que ce qui est valable dans cette expérience, c'est le volume de travail, au moins. Bora pourrait peut-être dire ce que ça vaut à ses yeux, pour le reste ?
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C'est un plus indéniable pour un CV. Après, faut voir au cas par cas... Disons que si je devais embaucher et que je voyais 6 mois de boulot à la FNOUC ou chez Cultura sur le CV, je me dirais qu'au moins le(la) postulant(e) a de la suite dans les idées et qu'il ne s'agit pas seulement d'un coup de tête qui sera vite suivi d'une désillusion. Les gens fantasment tellement sur ce métier...
jdhog a écrit :
A ce propos, comment ça se passe si je me banane au bout de 2 ou 3 ans. C'est pas le but bien sûr mais il faut quand même envisager le pire.
Qu'est-ce qui advient du stock dans ce cas, peut on espérer récupérer une bonne partie de la mise de départ chez les éditeurs ? Doit on se démerder pour l'écouler (le brader) par ailleurs ?
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Tu pourras retourner le plus gros des livres chez les distributeurs. Par contre, le paraBD, c'est la vente ferme, donc gros risque.
Citation :
1500€ net à 5 ans, c'est clairement pas assez pour être pérenne dans mon cas, je paye à peine mes crédits avec ça.
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En prenant le scénario le plus optimiste, mettons que tu arrives à 1700/1800 € au bout de 3 ans. Cela suffirait-il ? Parce qu'au-delà de cette somme, guère d'espoir. Il y avait eu un dossier dans Livres-Hebdo il y a un bon moment (au moins 2 ans, il me semble) sur les salaires des libraires. Pour le patron d'un assez grande librairie ((type 200m², 3 ou 4 employés), il me semble que ça tapait dans les 2000/2200 € en fin de carrière. Pour les petites librairies (type 70m², deux employés), il faut évidemment viser moins. Et vu les perspectives de la décennie à venir, les salaires vont probablement baisser encore (augmentation des frais généraux, principalement les loyers mais aussi le transport du livre, et adoption progressive des liseuses, surtout -justement- chez les lecteurs de BD).
Citation :
J'imagine quand même garder un avantage (5%) sur les hyper et Cultura.
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N'oublie pas que le montant annuel de cette fameuse remise de 5% est pris sur ton salaire (seul poste compressible). C'est la raison pour laquelle de moins en moins de librairies la pratiquent. Chez nous, on a arrêté la carte de fidélité. Calcul facile avec le logiciel de gestion : cela représentait à peu près un demi-salaire annuel. Et franchement, l'argument de fidélisation est en pratique très maigre.
Le problème des librairies, c'est la marge. Cela l'a toujours été et le sera toujours. Mettons une BD à 10 € HT :
- Tes clients la paieront en principe 10,55 € (si la TVA repasse à 5.5%, donc si la gauche gagne et tient ses promesses, ce qui fait beaucoup de si).
- Tu leur feras une remise de 5%, ils paieront donc 10 € et tu leur feras cadeau de 0,55 €.
- Tu la paieras 10 € - 35% (exemple général, tu auras parfois plus et parfois moins) soit 6,50 €.
Sans la remise, ta marge est de 3,50 €. Avec les 5%, ta marge n'est plus que de 2,95 €, soit 29.50% au lieu de 35%. Perdre 5,5 points sur sa marge quand elle est déjà à peine suffisante pour vivre, c'est difficilement tenable. C'est plus facile quand tu as une grande librairie et que tu peux répartir ce manque à gagner sur 3 ou 4 salaires d'employés. Ou que tu fais partie d'une chaîne avec centrale d'achat qui négocie des marges à 38%+. Mais dans une configuration comme la tienne (ou la notre), c'est juste la misère.
Citation :
Il y a un point que tu n'abordes pas, c'est le ParaBD : En librairie spé BD, ne peut on pas faire une partie non négligeable du chiffre d'affaire avec le ParaBD, d'autant que j'imagine que la marge est meilleure sur cette marchandise, non ?
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La marge est très supérieure sur le paraBD, effectivement. Mais avec un revers : c'est du compte ferme, pas de possibilité de retour. C'est donc là que l'on peut aussi bien se goinfrer (relativement pour un libraire
) que se planter gravement. C'est un tout autre type de gestion que le livre. Quoiqu'en BD, une partie du fonds est souvent à compte ferme : les tirages de tête et collector's en tous genres.
Surtout, énorme prudence avec le compte ferme. Encore plus avec les livres, puisque l'éditeur peut décider au bout d'un an ou deux de diviser le prix public par deux et que tu dois donc le répercuter, même si tu l'avais payé au prix fort.
Citation :
Quand je parle de démarrer seul, c'est vraiment de démarrer pour ne pas plomber d'entrée les frais fixes, le but étant d'arriver à embaucher sous un an et demi maximum.
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Oki.
Mais n'oublie pas que la personne devra non seulement te seconder, mais aussi et surtout parfois te remplacer. Il faut une confiance absolue pour laisser sa boutique à quelqu'un.
Citation :
Quant à la formation, mon problème est que vu mon profil (ingé informatique), je vois mal qui va me faire bosser quelques mois en librairie pour m'apprendre le taf. 
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Clairement.
Citation :
Une info que je n'ai pas donné dans mon post initial. La zone que je vise est très très touristique, ce qui génère une augmentation de population de 150% en ville l'été, beaucoup plus aux allentours avec tous les campings.
Dois-je occulter complétement cette clientèle ou peut on quand même compter dessus pour augmenter sensiblement le chiffre d'affaire sur la période estivale ?
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Elle peut aider au CA mais va probablement surtout te pourrir le quotidien.
Pour le CA, je n'en sais franchement trop rien. L'expérience que j'ai est parisienne donc assez différente de la province. Une partie des touristes à Paris veut faire les boutiques et profiter de son séjour pour en ramener des trucs introuvables chez eux. Chez nous, l'été, on a des touristes francophones (des provinciaux français, des québecois, belges, suisses...) qui passent les rayons au peigne fin tant il y a de titres qu'ils n'avaient jamais vus. Mais il est très rare qu'ils soient acheteurs de BD (alors que notre rayon est bien fourni). Et ça ne représente pas grand chose en CA : la plupart "visitent" la librairie et elle n'est qu'une étape d'1/4h dans une balade. On voit d'ailleurs beaucoup moins de provinciaux qu'il y a 20 ans. Aujourd'hui, quand tu habites dans un coin de province sans librairie, tu commandes toute l'année sur la zone.fr et fnouc.fr.
Dans ton cas, je ne sais pas. J'imagine que tu vendras au moins un peu de BD et de manga aux gosses (les parents refusent plus difficilement en vacances, surtout pour avoir la paix
).
Citation :
Bon, ben c'est pas gagné cette affaire quand on met tout bout à bout.
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Je vois surtout la question du salaire comme vrai problème. Pour le reste, il y a des solutions. Mais tu ne retrouveras jamais un salaire d'ingé info, même de très loin.
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It Don't Mean a Thing if it Ain't Got That Swing.