Mon pays est la France, cette contrée tant aimée. Elle m'est indispensable à l'âme, au corps. Elle est ce qui est au-delà de ce que l'on peut demander à un pays. La politique qui s'y pratique ne prête plus guère à mes espoirs. Je l'avoue bien humblement. Les hommes qui s'y consacrent sont médiocres pour le moins, imbéciles sinon. Il semble que ce fût la lie de la société qui s'y soit investie. Je rêve d'une monarchie parlementaire, avec à sa tête un roi tellement intelligent qu'il soit impossible que de même penser que nous nous en débarrassions.
Je rêve d'un pays où les Arabes arrivés il y a longtemps et les Arabes qui arrivent maintenant aiment plus la France que moi, parce qu'ils l'aiment plus que moi encore. Je suis triste, infiniment triste de les voir traités comme du bétail, parqués comme des moutons à égorger pour l'Aïd dans ces ensembles que je ne veux pas appeler immeubles, parce que ça n'en a pas l'apparence, ni le nom. Ce sont des parcs à bestiaux. J'ai honte de cette France-là, et j'aimerais, oui, je rêve qu'un jour, tous unis, la racaille s'unisse et vienne à Paris mettre un tel chambard qu'enfin on s'occupera d'eux. Pas un chambard hyper-violent, non, une révolte organisée, structurée.
J'ai honte de ces vieux berbères assis sur leur fauteuil au printemps boulevard Victor Hugo à Clichy-la-garenne qui regarde le ciel et essayent de se souvenir comment c'était, là-bas, à Alger-la-Blanche. J'ai honte de mon comportement, j'ai honte de ne pas assez les aimer, de me méfier d'eux, j'ai honte d'être un imbécile pire que les frontistes. J'aimerais que Sos racisme, la Halde, la Licra disparaissent, parce que ce n'est pas ma France. J'ai honte de ces Arabes aussi qui se comportent comme des voyous de bas étage. Au lieu de dépenser un fric fou dans des fringues de cette pute d'Audigier, pourquoi n'achètent-ils pas un costard et une cravate ?
Pensent-ils que c'est un bourgeois oisif qui leur écrit ça ? Non, je suis aussi pauvre qu'eux. Un écrivain qui tend la sébille, qui demande du boulot chaque jour et qui n'en a pas. Je comprends la haine qui les anime, je comprends les trafics. Oui, je comprends, j'irais même jusqu'à dire que j'approuve, puisque, après tout, il faut bien vivre. Pourquoi les vallées du Maroc sont-elles pleines de chanvre ? Parce qu'ils ont le droit de vivre et de commercer aussi, les Marocains pauvres. Pourquoi les Talibans recommencent à faire pousser le pavot, etc.
Je rêve d'une France où il n'y aurait pas de Crif, pas de Cef, pas CFCM. Où les imams se paieraient de bonnes tranche de rigolade avec les prêtres qui s'en paieraient d'autres avec les rabbanims. Je rêve d'une France où ceux qui n'ont pas beaucoup d'intelligence ne soient pas relégués au rang de rien. Il y a tant à faire, les routes, traiter les ordures ménagères. Des petits boulots ? Non, de vrais travaux ! Qu'on devrait valoriser par des campagnes de publicité au lieu que de voir des saloperies pour vanter Cofidis, Cetelem et autres crédits à la consommation qui ruinent les ménages qui tirent le diable par la queue.
Je rêve d'une France où habiter dans les villages soit un bonheur, une France où La Poste, au lieu de "rationnaliser", ouvre au contraire toujours plus de bureaux de Poste. Des bureaux de poste où, lorsqu'on y entre, on ne soit pas assailli par ce qu'il y a à y acheter, mais où les postiers et ceux qui nous y accueillent retrouvent la joie de nous informer. Je rêve d'une France où la Sécurité sociale ne soit plus la cour des miracles, avec des queues longues comme des jours sans pain. Je rêve d'une France où les propriétaires arrêtent de se méfier et baissent le prix de leur loyer pour que de jeunes ménages avec enfants puissent enfin se loger décemment sans se ruiner.
Je rêve d'une France où, dans les villes, on construise des bâtiments en dur, en plein centre-ville, qui accueillent les clochards quand ils ont trop froid. Je rêve d'une France qui ne glorifie plus le TGV mais mette le paquet sur les lignes de Corail, les rénovent et mettent plus de trains en circulation, même si on court le risque que parfois, ils soient un peu vides. Je rêve d'une France où même dans les campagnes, on n'ait plus besoin de voitures, tellement il y aurait de lignes d'autocar, même tard le soir.
Je rêve d'une France où les boîtes de nuit embauchent des chauffeurs de deux heures du matin à huit heures pour ramener chez eux, moyennant cinq ou dix euros, ceux qui sont trop bourrés pour conduire. Je rêve d'une France qui ne concentre plus ses regards sur Paris. Je rêve d'une France qui valorise le savoir. Je rêve d'une France qui paye trois ou quatre fois plus ceux qui acceptent d'aller enseigner dans les quartiers difficiles. Je rêve d'une France où, dans ces quartiers difficiles, on embauche des flics qui soient des grands frères plus que des cow-boys.
Je rêve d'une France qui supprime la BAC. Je rêve d'une France qui soit, non la patrie des droits de l'Homme, mais la patrie des devoirs de l'Homme envers elle. Je rêve d'une France où les Chinois se marient avec des Indiennes, les Pakistanais avec des Françaises, des Français qui soient moins cons. Je rêve d'une France qui, sous prétexte de décentralisation, relèguant aux régions tout ce qui relève de l'Etat parce que ça lui coûte du pognon, retrouve un jacobinisme raisonné.
Je rêve d'une France où les 4x4 soient interdits, sauf nécessité extrême. Je rêve d'une France qui aide ses entrepreneurs à se développer, plutôt que de les laisser se noyer dans la paperasse. Je rêve d'une France qui arrête de fliquer les fumeurs. Je rêve d'une France qui responsabilisent les parents. Je rêve d'une France qui protège les parents et la famille. Je rêve d'une France qui construisent des crèches, en ayant dans l'idée que cela donnera du travail aux maçons, aux plombiers, aux électriciens. Je rêve d'une France où les Français soient moins cons et où ils considèrent que ce sont de beaux métiers, parce qu'ils construisent des lieux de vie, qu'on ne soit plus obligé de faire venir des Ukrainiens en masse, au black, parce que ce serait "dégradant" de travailler dans le plâtre et le ciment.
Je rêve d'une France qui aime ses pêcheurs, ses agriculteurs, ses vignerons. Je rêve que des Français originaires de contrées lointaines deviennent des agriculteurs, des fermiers, des éleveurs. Je rêve d'une France qui arrête de considérer qu'il n'y a que les sociétés de service qui soient viables économiquement. Je rêve d'une France qui bouleverse le monde par l'exemple qu'elle donne. Je rêve d'une France aux brumes matinales. Je rêve d'une France que j'aime et qui m'aime. Je rêve d'une France qui, dès le premier dérapage d'un Georges Frèche, lui demande de s'arrêter de faire de la politique, au risque à court terme de perdre des cartes du parti.
Je rêve d'une France dans laquelle les hommes et les femmes politiques qui ont perdu lors d'une élection, aillent se frotter à la vie réelle (Jouanno avec le métro qu'elle n'a jamais vu de sa vie !) Je rêve d'une France où les François Bayrou de tout poil arrêtent de nous faire chier en jouant au coucou éternel, sans avoir fait quelque chose de bon pour améliorer la vie des gens. Je rêve d'une France qui soit motrice de l'Europe, plutôt que d'envoyer à Strasbourg ou Bruxelles une femme qui déclare tout fort, alors qu'elle sait très bien que son micro est allumé, "je m'emmerde, si tu savais comme je m'emmerde."
Je rêve d'une France où un président n'insulte pas les Français tous les jours par son train de vie hallucinant. Je rêve d'une France qui devienne ce qu'elle a toujours été, motrice en tout, dans la recherche et le développement, dans la conquête spatiale. Je rêve d'une France où on édite de vrais écrivains. Je rêve d'une France où on ne dise plus aux chercheurs de trouver. Je rêve d'une France où Sciences Po, l'ENA, l'X, Normale ne soient pas réservés toujours aux mêmes. Je rêve... Je rêve. Je sais, je rêve. Je suis un con.