La sous-loc'
Un locataire a le droit de sous-louer. Des mois, ou même des années, si l'idée de reprendre un jour l'appart' lui trotte par la tête
Le scénario est classique. Monsieur est célibataire et loue une garçonnière. Ce peut être, par exemple, un trois-pièces bon marché qu'il habite depuis ses années d'étudiant. Puis il rencontre l'élue de son c?ur qui, elle, n'apprécie guère le «pigeonnier» auquel elle trouve tous les défauts: exigu, bruyant et surtout peu pratique si la famille venait à s'agrandir.
Elle ne tarde pas à dénicher autre chose, d'un peu moins bohème et correspondant plus à ses goûts. Mais lui voudrait bien garder le vieil appart' en réserve. Il se dit qu'un trois-pièces comme celui-là, ça peut toujours servir. Il passe une annonce dans le but de sous-louer sa garçonnière, sans oublier de demander l'accord du propriétaire.
Confrontée à un cas similaire, une régie genevoise avait récemment voulu opposer son veto. Elle admettait la sous-location, mais seulement pour une période déterminée, une année au plus. Elle trouvait que le locataire exagérait. Qu'il n'avait pas le droit de sous-louer indéfiniment, avec la vague idée de, peut-être, un jour réintégrer les locaux.
Faute d'accord, la gérance avait résilié le contrat de l'appartement? avant de se retrouver Gros-Jean comme devant. Le différend a été porté devant les tribunaux et ceux-ci ont jugé que le congé était nul, parce que survenu après que le locataire avait émis des prétentions parfaitement légitimes.
Autrement dit, un locataire a tout à fait le droit de sous-louer pour une période provisoire. Il suffit qu'il n'écarte pas l'idée de reprendre un jour l'appartement pour lui. Il n'a même pas besoin de dire précisément dans quelle situation il pourrait envisager de le reprendre (après un divorce? une séparation? à la suite de difficultés financières?)
A relever que le jugement aurait été rendu en faveur de la régie, et non pas en faveur du locataire, si la sous-location avait été abusive. Par exemple, si le locataire se sucrait au passage et profitait de relever de quelques centaines de francs le prix du loyer mensuel. Ou si, s'agissant d'un bail commercial, il sous-louait à un concurrent du propriétaire. L'inconvénient permettrait alors au bailleur de donner son veto.
Mais inutile de se bercer d'illusions. Même en l'absence d'abus ou d'inconvénient pour le propriétaire, la location reste précaire, et la sous-location aussi. Le propriétaire a le droit de résilier en tout temps. Il n'a peut-être pas intérêt à le faire juste après que le locataire a émis des prétentions légitimes, car le congé est annulable. Mais il n'est pas privé du droit de mettre à la porte un locataire. Et un sous-locataire du même coup.
Philippe Schwab
moi j'ai ça, mais j'avais entendu dir par ma mere que c t interdit