Jean-Claude Elfassi détaille les conditions de son interpellation par la police, et explique pourquoi il a été remis en liberté sans aucune charge, vers 14h50, ce mardi.
Pourquoi étiez-vous aux alentours des bureaux de la société de production Endemol dimanche?
"J'ai été invité à me rendre là bas par le mari d'Angie, Cyril. Il m'a donné rendez-vous devant l'entrée de la plaine Saint-Denis. Nous avions prévu de faire des photos devant les bureaux d'Endemol là bas. Ces bureaux sont à 500 mètres des studios. Cela s'est passé environ à 13h50 dimanche."
Qu'avez-vous fait, là bas?
"Nous avons fait une mini-séance photo de 3 minutes. Cyril tenait une pancarte 'Endemol menteurs'. Cyril m'a aussi donné un enregistrement, dont je ferai les révélations ultérieurement."
Que s'est-il passé après?
"Cyril est parti, et j'ai été rejoint par un ami photographe. On était garés en épis avec l'arrière de nos voitures vers les bâtiments. On a vu une voiture de la sécurité d'Endemol arriver. On a tenté de s'échapper, mais ils ont voulu nous couper la route. Ils ont cherché à nous percuter à contresens. Ils m'ont dit 'on va te tuer, on va te faire la peau'. Le responsable de la sécurité d'Endemol a fait un dérapage pour se retrouver devant moi et me barrer la route. Il a affirmé à la police en disant qu'il était sorti de sa voiture et que j'avais tenté de l'écraser. C'est faux, et moi, en tous les cas, à ce moment-là, je ne suis pas sorti de mon véhicule."
Quel est votre véhicule?
"C'est une Alfa Romeo 149, elle a 150 chevaux sous le capot, mais je n'ai pas tenté de faire de la vitesse. Je ne voulais pas que cela dégénère. Ma voiture a été défoncée sur le côté, puis par derrière."
Que s'est-il passé ensuite?
"La sécurité de l'ensemble du site est arrivée, et a tenté de calmer le jeu. Ils ont écouté mes arguments. Ils ont appelé la police. Quand les policiers sont arrivés, ils sont allés discuter pendant une demi-heure avec le responsable de la sécurité d'Endemol, et j'ai été interpellé."
Directement?
"Oui, ils ne m'ont pas demandé ma version des faits, ils m'ont interpellé directement, et le responsable de la sécurité d'Endemol filmait la scène avec son téléphone portable, je pense que les images vont se retrouver sur internet."
Quel motif a-t-on invoqué pour votre mise en garde à vue?
"On m'a dit que Catherine Comte d'Endemol portait plainte pour dégradation de la porte d'entrée du studio de la plaine Saint-Denis où se tourne Secret Story."
Comment s'est passée la garde à vue?
"Je n'ai vu quelqu'un qu'après 20 heures de garde à vue. Là on m'a montré les photos de la porte, et bien entendu, je n'étais pas l'auteur de ces dégradations, qui me paraissaient anciennes. J'ai demandé à ce que soient placées dans le dossier les vidéos de surveillance du site. On m'a répondu que c'était possible pour celles tournées par la société de sécurité du site de la plaine Saint Denis, mais que les caméras de surveillance d'Endemol, elles, étaient... en panne. Un comble, non?"
Qu'allez vous faire maintenant que vous êtes libre?
"Oui, je suis libre et aucune charge n'a été retenue contre moi. Cela me laisse un boulevard pour porter plainte contre Endemol pour dénonciation calomnieuse. Mais pas seulement. J'ai appelé pour m'aider, outre mon avocate, Me Francis Spizner et Me Karim Achoui, et nous allons porter plainte contre la police, contre l'Etat. Les flics et les magistrats voulaient me planter."
Jointe plus tôt dans l'après-midi, Catherine Comte, responsable du développement d'Endemol France, n'a pas souhaité faire de commentaires sur cette affaire.
Interrogée sur ce qui peut se dire sur la toile sur sa société, Endemol, et sur ce qui peut s'écrire, notamment sur les sites d'informations participatifs, Catherine Comte déclare :
"Je n'ai pas de soucis avec la liberté d'expression. J'ai un problème avec les propos diffamatoires et les personnes qui mettent en danger les personnes qui collaborent avec nous".
Elle poursuit et accuse :
"Ces gens, qui viennent prendre des photos de personnes qui travaillent, et qui les mettent sur internet, puis les insultent en écrivant les légendes, ce n'est pas tolérable"