Yagmoth Fanboy | ese-aSH a écrit :
han le pavé quoi ^^ (on sort un peu du topic d'ailleurs pour tomber dans un sujet du style 'la société idéale' )
a propos du totalitarisme : l'idée n'est pas de former une société constituée d'interdits mais de former une société capable du meilleur. Puisque constituée d'individus cela passe par une utilisation en effet optimale des capacités de chacun, ce qui pour autant ne tombe par forcément dans l'extrême d'Huxley : on est pas obligé d'effacer l'individualité comme je le disai. Tout ce qui concerne les rapports humains - et qui selon moi dépasse justement le cadre des limites qu'une société peut décrire - n'est pas oublié, il est seulement sur un autre plan. Imagine une société basée sur la sélection génétique : par rapport à la notre ou se situe la différence en terme de rapports humains ? ce n'est vraiment pas une chose sur laquelle tu peux légiférer (sauf à définir plusieurs statut, ce qui serait probablement nécessaire dans une période de transition par exemple sur le droit à la procréation).
on ne parle pas d'utilitarisme ici (http://fr.wikipedia.org/wiki/Utilitarisme) même si pour moi les 2 peuvent se lier. De toutes facon dans une sociéét ou les individus seraient *créés* pour subvenir a certains besoins (cas Huxley : le génome détermine ce que tu fera de ta vie), l'individu réalisant une tâche 'basse' aurait droit à autant de reconnaissance que celui effectuant une tâche 'haute' puisque l'un comme l'autre ne feraient qu'éxécuter la tâche pour laquelle ils ont été concus (c'est pour ca que Huxley introduit des notions de classement du génome A, B etc... mais ca n'est pas viable - ca revient au droit héréditaire qui a déjà prouvé son échec).
au niveau des critères d'amélioration ca devient plus difficile si on choisit de le prendre sous un angle utile en effet ; mais si tu considères des critères comme résistance aux maladies, aux conditions naturelles, absence de trouble psycho etc... (et encore une fois : non pas en éliminant les personnes possédant de tels traits de caractères, mais en s'arrangeant pour que ces traits disparaissent).
Un de gros arguments contre ce genre de pratique est qu'un trait pouvant être jugé faible à un instant t peut très bien s'avérer fort qqs générations plus tard (car la société évolue) et réciproquement ; c'est pourquoi il faut être excessivement prudent dans ce domaine.
Concernant le fait que les gens se sentent comme des rouages de nos jours : notre société a détruit tous les repères existants, note mode de vie a profondément changé au cours du 20eme. Je pense que ce qui manque le plus c'est la possibilité a l'individualité de s'exprimer, d'etre reconnue en tant que telle -> nous vivons dans un monde ou nous sommes déconnectés de la réalité qui nous entoure, chacun se regroupe communautairement par affinité en oubliant finalement de se confronter à ce qui l'entoure réellement (*la masse* des gens). Ca ne touche pas tout le monde (bcp s'en sortent meme tres bien) mais je pense que plus que le sentiment de n'etre qu'un rouage utile c'est le sentiment d'etre une fourmi anonyme. (ce qui rejoins ce que je disai plus haut : les rapports humains, qui ne sont selon moi pas liés au débat ici et qui dépendent d'autres paramètres) - je pense d'ailleurs que tu trompe en croyant que chacun retrouve son statut d'homme dans le contact visage-visage, et justement que tous ne le retrouvent pas.
Pour le dernier point : la société n'as pas a suivre des critères naturels, mais plutot des objectifs comme : voie de la connaissance (une compréhension toujours plus profonde et complète de notre monde), voie de la sagesse -le bonheur au plus grand nombre, a tous meme si possible-, pérénité de l'espece ... des sortes de quetes transcendant les hommes et auquelles chacun pourrait participer (un des autres defaut de notre société est cette absence d'objectifs justement, ce qui n'as pas toujours été le cas dans l'histoire, loin s'en faut)
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Le sujet ne dérive pas tellement puisque ton argumentation est soutenu par l'idée d'amélioration de la société pour améliorer celui des individus par ricochets, donc il est bien légitime de s'interroger sur comment décider d'une telle finalité.
On ne peut séparer justement les 'plans' comme tu le fais : qui peut se sentir humain et innocent s'il juge l'action de la société déshumanisante et qu'il laisse faire ? Ensuite utilisation optimale des capacités de chacun ne signifiera pas bonheur pour chacun, tout juste maximisation de la société selon certains critères. Après tout le bonheur d'un individu peut également être contradictoire en partie (sans être pour autant complètement perturbateur, mais qui entraînera un fonctionnement moins optimal mais plus humain) avec cette maximisation du fonctionnement de la société. Et justement tu met le doigt sur ce qui est dérangeant pour moi : tu me demande quelle différence il y aurait entre une société où il y aurait eu une culture de la sélection génétique et notre société actuelle, je pourrais te répondre en parlant du prix auquel on pourrait parvenir à cette première, c'est à dire le sacrifice de plusieurs générations qui ne se verraient pas entièrement reconnaître comme être humains puisqu'interdit de se reproduire, donc privé de la possibilité de se perpétuer, de laisser trace. Et plus encore, comme mutations génétiques il y a en permanence, cela impliquerait un contrôle constant, donc c'est constamment que le problème se poserait en termes éthiques. L'idée de transition comporte donc en elle celle de sacrifice, de déshumanisation d'une partie de la société (selon des critères arbitraires ! c'est la majorité contre la minorité...) et rien que dans le domaine économique, on a pu voir par exemple l'effet du FMI qui ne prend en compte que des facteurs économiques et pas humains, avec pour résultats d'imposer des transitions si mal vécues qu'elles en deviennent contreproductives.
Concernant Huxley et la reconnaissance... Pourquoi donc la reconnaissance devrait passer uniquement par l'utilité pour la société ? Sinon, abandonnons l'idée d'utilité, mais tout simplement, parlons de bien et de mal, pour avoir un bipolarité, et al question n'est plus qu'est ce qui est utile pour l'espèce mais 'qu'est ce qui est bon pour l'espèce ?' ce qui revient exactement au même concernant mes objections.
Ensuite pour en revenir à tes critères, ils n'ont encore uen fois rien d'objectif. Pourquoi un Etat devrait décider pour ses citoyens de ce qui est bon pour le devenir de l'espèce ? C'est aux individus de savoir fixer la finalité de leur devenir... c'est quelque chose de bien trop intime et important pour qu'on puisse laisser un tiers en décider - et si ce droit est prix par un tiers, ce sera au prix de la négation d'autrui. Encore une fois choisir qu'on doit améliorer l'espèce biologiquement est arbitraire, on pourrait tout aussi bien décrété qu'il serait bon qu'elle aille dans telle ou telle direction en privant l'individu du pouvoir de décision, en l'excluant de la communauté - ce qui ne peut conduire qu'à la rupture du lien social. Autre chose : tu parles de troubles psychologiques, or je te rappelerai juste pour exemple, ce qui a déjà été dis par MagicPanda, que l'homosexualité était une pathologie en France jusqu'en 1984... Tout tourne toujours autour d'une idée de norme autour de laquelle on décrète qui a droit à la reproduction ou non, faisant disparaitre l'individu au profit de l'espèce en le défigurant au besoin (littérallement, lui ôter sa reconnaissance d'être humain). Enfin, il y a l'objection que j'ai soulevé et que tu as reprise qui pose de toute façon problème, concernant le risque de réduire la richesse génomique des individus.
Concernant ce que tu dis sur la société, je ne peux m'empêcher de sortir un peu du cadre de la discussion et de citer Durckeim lorsqu'il se voulu provocant : la Société, c'est Dieu. Ce qui servait à donner sens à l'existence (à avoir une 'boussole' absolue) était Dieu, avec le déclin des monothéismes, c'est la Société qui tiens à présent ce rôle, mais de manière moins ferme (l'idée d'un absolu se fissure, d'où crise du sens, nihilisme). C'est la fameuse perte de repaire dont tu parles... Et je doute que remplacer un absolu par un autre soit une bonne chose à l'heure où enfin l'individu peut se libérer et devenir seul juge de sa valeur quand bien même l'existence de sociétés est toujours nécessaire. C'est pourquoi, outre ce que j'ai dis en reprenant les propos de Levinas, je suis opposé à ce que la prise de décision du devenir de l'espèce se fasse au niveau du groupe, et favorable à ce qu'elle revienne aux individus et que la communauté sois ensuite chargée de gérer les implications matérielles. Enfin, juste une note : quand je parlais d'égalité, il ne s'agissait que d'une égalité en droit (qui permet d'avoir une justice équilibré, d'avoir un tiers médiateur entre les individus), et pas de l'égalité de valeur - qu'on considére les êtres humains égaux pour moi signifie qu'il faut simplement les considérer comme êtres humains ; ensuite, à chaque individu de se forger ses hiérarchies de valeurs, de se prouver sa propre valeur.
Nota Bene : je n'ai pas dis que dans le contact de visage à visage on obtenait la reconnaissance voulue, mais que le caractère d'être humain d'autrui nous saisit et nous donne une responsabilité vis à vis de lui ; après nous pouvons soit dialogue, soit tuer (tout court ou symboliquement), déshumaniser, mais pas rester indifférent. Message édité par Yagmoth le 11-07-2006 à 21:51:52
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