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Auteur Sujet :

La guerre civile russe: 1917-1921.

n°37982997
Ledabro
Posté le 30-04-2014 à 13:23:28  profilanswer
 

Reprise du message précédent :
Très intéressant !  Les "relations" entre Finlande, Russie et Allemagne sont donc anciennes...

Message cité 1 fois
Message édité par Ledabro le 30-04-2014 à 13:23:36

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Hein hein hein  :D
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Posté le 30-04-2014 à 13:23:28  profilanswer
 

n°37983127
Tietie006
Dieu ne joue pas aux dés.
Posté le 30-04-2014 à 13:34:01  profilanswer
 

Ledabro a écrit :

Très intéressant !  Les "relations" entre Finlande, Russie et Allemagne sont donc anciennes...


 
La Finlande faisait partie de l'empire russe en 1917, depuis le début du 19eme siècle.  Après le coup d'état bolchevik, le 25 octobre, le nouveau Conseil des commissaires du peuple ou Sovnarkom, qui détenait la réalité du pouvoir, en vidant celui des soviets, prit 3 mesures importantes :
- le décret sur la paix immédiate, qui fut effectif 6 mois plus tard avec le Traité de Brest-Litovsk et qui fut un point de litige entre la tendance gauchiste du Parti, incarnée par Boukharine, qui voulait transformer la guerre impérialiste en guerre révolutionnaire et la tendance pragmatique de Lénine qui voulait la paix pour sauver la révolution. Trotsky naviguant entre ces deux pôles.
- le décret sur la Terre, validant le principe de la réforme agraire et du partage des terres, partage qui était en fait déjà fait.
- le décret sur le droit à l'indépendance des nationalités de l'ancien empire tsariste, c'est en se référant à ce décret du Sovnarkom que le gouvernement finlandais déclara son indépendance, en décembre 1917.


Message édité par Tietie006 le 06-11-2016 à 07:58:05

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Pierino torna a scuola !
n°37983379
Ledabro
Posté le 30-04-2014 à 13:51:28  profilanswer
 

Ce topic et celui sur la 2ème GM rendent encore plus pitoyables les gens adeptes de je ne sais quel complot ou refusant une soi-disant Histoire officielle en s'imaginant une pseudo Histoire secrète.
La vraie Histoire est mille fois plus passionnante et complexe !


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Hein hein hein  :D
n°37987503
Tietie006
Dieu ne joue pas aux dés.
Posté le 30-04-2014 à 19:04:06  profilanswer
 

Ledabro a écrit :

Ce topic et celui sur la 2ème GM rendent encore plus pitoyables les gens adeptes de je ne sais quel complot ou refusant une soi-disant Histoire officielle en s'imaginant une pseudo Histoire secrète.
La vraie Histoire est mille fois plus passionnante et complexe !


 
Heureusement que sur la guerre civile russe, les historiens d'un peu tous les bords, sont plutôt d'accord sur le déroulement des événements. Il n'y a que Anthony Sutton avec "Wall-Street et la révolution bolchevik" qui évoque une conspiration des financiers américains pour installer et maintenir Lénine au pouvoir. Par contre, il évident que les allemands, encore en guerre, ont laissé passer Lénine et son entourage par l'Allemagne, avec le fameux "train plombé" qui emmena Illitch vers la Russie, via la Finlande, en avril 1917, car l'homme militait pour la paix immédiate, ce qui, évidemment, intéressait les teutons, pressés de pouvoir se concentrer uniquement sur le front de l'Ouest. Leur initiative fut couronnée de succès, puisque les bolcheviks signèrent la paix de Brest-Litovsk, en février-mars 1918.  


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Pierino torna a scuola !
n°37996474
Tietie006
Dieu ne joue pas aux dés.
Posté le 01-05-2014 à 21:19:46  profilanswer
 

Le cas de l'Ukraine fut assez complexe durant la guerre civile:
 
1°) L'indépendance de l'Ukraine.
 
Après la révolution de février 1917, une Rada, ou Assemblée Nationale ukrainienne,  se réunit à Kiev, le 4 mars 1917, dominée par le nationaliste Simon Peltioura. Les bolcheviks pensèrent que la rada était sur la même ligne que Moscou et des délégués ukrainiens furent acceptés dans la délégation allant négocier la paix avec les puissances centrales à Brest-Litovsk.
 
2°) Affrontements avec les bolcheviks.
 
Après octobre 1917, un premier ilot de résistance vit le jour dans le Don, à l'ouest de l'Ukraine, en décembre 1917,  avec les cosaques de l'ataman Kaledine et la petite armée des Volontaires de Kornilov et de Denikhine. Mais lorsque les bolcheviks demandèrent à la rada ukrainienne l'autorisation de passer par son territoire pour combattre ces deux molles de résistance, les ukrainiens refusèrent et arrêtèrent la délégation bolchevik. Pour répondre à cette provocation, les bolcheviks ukrainiens proclament la création de la République soviétique d'Ukraine et le bolchevik Antonov-Ovsenko est chargé d'écraser la contre-révolution ukrainienne.
 
3°) L'Ukraine aux mains de l'Allemagne.
 
Le 25 janvier 1918, les rouges reprennent Kiev aux forces de Peltioura et la Rada, réfugiée à Vinnitsa, demanda l'aide militaire aux austro-allemands. Avec 33 divisions, ces derniers investissent l'Ukraine jusqu'à Rostov, sur le Don et les rouges et les anarchistes ukrainiens de Makhno, se livrent à une guérilla contre les troupes d'invasion. Les allemands en profitent pour dissoudre la Rada ukrainienne et imposer un homme à eux, le général Skoropadski. Petlioura est emprisonné et Lénine, pour ne pas provoquer les puissances centrales, retirent l'armée rouge d'Ukraine.  
A l'est de l'Ukraine, la petite armée des Volontaires se perd dans le Kouban, assaillie par un environnement hostile. Les cosaques, après le suicide de Kaledine, élisent un nouvel ataman en la personne du général Krasnov, qui veut s'entendre avec les allemands, pour proclamer l'indépendance des territoires cosaques dans le Don.
 
4°) La tentative française avortée.
 
Après l'armistice, Clemenceau et son homologue anglais imaginent une intervention dans le sud de la Russie pour remonter vers Moscou via l'Ukraine, stratégie totalement irréaliste si on tient compte des distances à parcourir dans un milieu hostile. Le 18 décembre 1918, un corps expéditionnaire , constitué de deux divisions venant du front d'Orient de Salonique et de deux divisions grecques, sous le commandement du général Berthelot, débarqua à Odessa et s'enfonça en Ukraine. Mais la troupe est fatiguée de la guerre, et le 2 février 1919, le 58eme régiment d'infanterie refusa de monter en ligne. Le 19 février, c'est les marins de la flotte de la mer Noire qui se mutinèrent. Le 2 avril 1919, le gouvernement français ordonne le retrait des troupes d'Ukraine.
 
5°) Le chaos ukrainien: l'intervention de la Pologne.
 
Après le départ des allemands et des français, Petlioura avait repris le pouvoir à Kiev. Les bolcheviks, sous la direction de Rakovski, créent un pouvoir concurrent, Nestor Makhno, avec son armée anarchiste, très présente dans les campagnes, s'allient aux bolcheviks contre l'armée blanche de Denikhine et les nationalistes de Peltioura. Pour Denikhine, incarnant la Russie impériale, il était hors de question de reconnaître le nationaliste ukrainien Peltioura.
En 1920, les troupes blanches de Denikhine refluent face à l'armée rouge et Peltioura en appelle à la Pologne pour contrer les bolcheviks. Le 26 avril 1920, les troupes polonaises appuyées par 20 000 peltiouristes investissent Kiev. Mais Kiev est reprise le 12 juin 1920 par l'armée rouge. Isaac Babel fera une narration de cette campagne dans son livre Cavalerie rouge. La campagne de Pologne se termina mal pour les bolcheviks, alors qu'ils étaient en position de force, mais l'indiscipline de Staline fut fatale à l'armée rouge et en août 1920, Lénine fit une proposition de paix qui fut acceptée par les polonais.
 
6°) La fin des armées blanches en Crimée.
 
Le général Wrangel résistait encore dans la péninsule de Crimée. Mais dès septembre 1920, avec la fin de la guerre contre la Pologne, les troupes rouges lancèrent une offensive dans la péninsule, aidée par les troupes de Makhno. Réfugié à Sébastopol, Wrangel réussit à embarquer 146 000 soldats blancs avec leur famille vers Constantinople, en novembre 1920. Juste après le départ des blancs, les anciens alliés makhnovistes sont arrêtés et exécutés par la Tcheka. Nestor Makhno, l'anarchiste ukrainien fuira l'Ukraine dès 1921 pour échapper à la répression bolchevik et atterrira à Paris en 1925, après un périple dans toute l'Europe.
 


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Pierino torna a scuola !
n°37999542
Ledabro
Posté le 02-05-2014 à 11:05:29  profilanswer
 

Passionnant !  :bounce:  "complexe" , le mot est faible.


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Hein hein hein  :D
n°38010187
Tietie006
Dieu ne joue pas aux dés.
Posté le 03-05-2014 à 17:36:03  profilanswer
 

La Sibérie est un territoire gigantesque et Omsk, à l'est des Monts Oural, est une cité clé pour accéder aux immensités sibériennes. C'est à partir de cette ville que l'amiral Koltchak, le 15 octobre 1918, avec l'aide de la Légion Tchèque et quelques troupes levées avec l'or de la réserve d'or de Russie. De Omsk à Vladivostok, il y a 4300 kilomètres, et le transsibérien est contrôlé par les tchèques qui se sont ralliés à la cause blanche. Le port de Vladivostok, est contrôlé par les alliés, notamment les américains, qui ont envoyé un corps expéditionnaire de 7000 hommes, en juillet 1918, pour garder un stock d'armes envoyé à l'ancien allié russe mais non payé. Les anglais enverront le 25eme Régiment du Middlesex, qui était basé à Hong-Kong. Ses troupes alliées ne bougeront jamais de Vladivosktok et ne livreront aucun combat, au contraire des tchèques éparpillés le long du transsibérien. Par contre, l'aide alliée aux forces blanches arriva par le port sibérien, relié aux forces blanches à Omsk par le transsibérien, moyen de transports peu sûrs.
Ce sont les japonais qui enverront la force militaire la plus substantielle, avec 72 000 hommes débarqués en 2 ans. Mais les nippons jouent leur carte personnelle et ne s'intéressent qu'à la région qui longeait la Mandchourie, qui s'étendait de Sretensk, près du fleuve Amour (ville native de mon grand-père) à Irkoutsk, cité du lac Baïkal. Leur objectif n'est pas de rétablir une Russie nationaliste comme le voudrait l'amiral Koltchak, mais d'essayer de contrôler voire d'annexer cette région de Sibérie Orientale.
Les japonais financent l'ataman Semenov, seigneur de la guerre local, qui avec quelques centaines de cavaliers pillent la région de Transbaïkalie et sème la terreur avec son adjoint, le Baron Ungern-Sternberg, surnommé le "Baron fou". Les deux hommes fonderont une éphémère République d'Extrême-Orient, régime fantoche contrôlé par les japonais.
 
http://fr.wikipedia.org/wiki/Roman [...] -Sternberg
 
Après la déroute des troupes de Koltchak, en avril 1919, sous l'offensive de l'armée rouge commandée par Frounzé, à cause, notamment, de la dissolution de la Légion Tchèque et des désertions massives touchant les troupes blanches, la Sibérie Occidentale puis Orientale vont être progressivement investi par les bolcheviks.


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n°38438830
Tietie006
Dieu ne joue pas aux dés.
Posté le 12-06-2014 à 20:26:03  profilanswer
 

Article intéressant de Remy Porte, dans Guerre & Histoire n°19, juin 2014, sur la "deuxième guerre de Crimée" pour les français. En effet, dès décembre 1918, Clemenceau fit envoyer la 156eme et 30eme divisions d'infanterie de l'armée d'Orient et 4 divisions d'infanterie grecques en Crimée, pour combattre les bolcheviks. Mais ces divisions, commandées par le général Berthelot, étaient très incomplètes (40 000 hommes pour 6 divisions c'est moitié moins que la dotation normale ...), avaient un moral médiocre et avaient des objectifs complètement inadaptés. Les troupes débarquées à Odessa et à Sebastopol se mirent difficilement en route, longeant le Bug et le Dniepr, dans un environnement hostile. Début Mars 1919, à Kherson, l'armée rouge, en supériorité numérique (12 000 hommes contre 4000), aidée par la population de Kherson, mit en déroute une colonne franco-grecque ...ce fut la fin de l'aventure russe pour le contingent français, qui réembarqua vers la métropole fin avril. Sans compter qu'une petite mutinerie éclata sur 3 bateaux français, incident qui fut grossi par la presse de gauche française. 30 marins furent arrêtés et condamnés, dont André Marty, qui ne fut libéré qu'en 1923.


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n°38531772
Ledabro
Posté le 19-06-2014 à 11:40:28  profilanswer
 

Dans ce chaos, on comprend mieux qu'une part grandissante de la population ait fini par soutenir les "rouges". En effet, le nouveau pouvoir bolchevik incarnait l'espoir d'un nouvel ordre et de retrouver la paix.  


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Hein hein hein  :D
n°38558990
Tietie006
Dieu ne joue pas aux dés.
Posté le 21-06-2014 à 09:08:05  profilanswer
 

Ledabro a écrit :

Dans ce chaos, on comprend mieux qu'une part grandissante de la population ait fini par soutenir les "rouges". En effet, le nouveau pouvoir bolchevik incarnait l'espoir d'un nouvel ordre et de retrouver la paix.  


 
Oui, le nouveau pouvoir rouge était une promesse de changement, alors que les forces blanches voulaient revenir à l'ordre ancien. Mais 2 décisions ont poussé les moujiks vers les bolcheviks:
- la décision de Kerensky d'abord puis de Denikhine/Koltchak, d'honorer les alliances avec l'Ouest et donc de continuer la guerre honnie. Kerensky reconnût par la suite que ce fut une erreur de sa part.
- la volonté pour les généraux blancs de revenir sur la réforme agraire (décret sur la Terre d'octobre 1917), ou plus précisément sur le "partage noir", qui avait vu des millions de paysans russes chasser les grands propriétaires terriens pour se partager les terres dans le cadre du Mir ou communauté villageoise. Il n'y avait pas mieux pour se mettre les moujiks à dos et Denikhine le reconnût aussi, après la guerre civile.


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Pierino torna a scuola !
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Posté le 21-06-2014 à 09:08:05  profilanswer
 

n°38769522
Tietie006
Dieu ne joue pas aux dés.
Posté le 07-07-2014 à 17:49:45  profilanswer
 

Les historiens sont toujours partagés quant au jugement sur la politique de Lénine :
- les historiens trotskystes, je pense à Jean-Jacques Marie ou plus généralement les historiens de la mouvance communiste, distinguent Lénine de Staline, le géorgien ayant dénaturé le régime bolchevik léniniste pour faire dévier la révolution vers un totalitarisme s'appuyant sur la terreur. Ce qui est assez curieux, c'est que Trotsky était pour la "militarisation du travail", lors du 9eme congrès du PCUS, idée qui sera reprise par Staline, après la mort de Lénine. Ce qui fit dire à Willy Huhn que Trotsky était un Staline manqué !
 
http://spartacus.atheles.org/livre [...] linemanque
 
- les historiens souvent non "léninistes", qui voient en Staline, le simple continuateur de Lénine, en emmenant sa personnalité paranoïaque et cruelle en plus.
 
J'avoue pencher pour la deuxième option, puisque tous les outils dont s'est servi Staline existait déjà à l'époque de Lénine :
- police politique institutionnalisée (OGPU en 1922) avec des pouvoirs extra-judiciaires et création du Goulag.
- fin du pouvoir des soviets (dès octobre 17) et hyper-centralisation du pouvoir dès 1919, avec la création du Politburo, qui a la main mise sur le parti.
- élimination des oppositions politiques concurrentes au PCUS, qui avait commencé avec la dissolution de la Constituante en janvier 1918,  avec la répression des marins de Constadt, en 1921, et le procès des Socialistes-Révolutionnaires, en 1922. Année 1922 qui voit aussi Lénine exproprier l'Eglise orthodoxe. Le parti communiste a le monopole de l'expression politique et est donc le dépositaire de la Vérité.
- élimination des oppositions internes au sein du parti avec le 10eme congrès du PCUS, de mars 1921, qui interdit les fractions, crime de lèse-parti. Staline passera de l'interdiction à la criminalisation.
 
Bref, Staline s'est servi des outils qu'avaient déjà forgé Illitch.


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Pierino torna a scuola !
n°47580928
Zeplusoif
Posté le 02-11-2016 à 18:56:59  profilanswer
 

Lénine a-t-il fait fusiller les Romanov parce que la légion tchécoslovaque approchait, ou était-ce prévu d'avance?


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If fate doesn't make you laugh, then you don't get the joke
n°47618280
Tietie006
Dieu ne joue pas aux dés.
Posté le 06-11-2016 à 07:51:36  profilanswer
 

Zeplusoif a écrit :

Lénine a-t-il fait fusiller les Romanov parce que la légion tchécoslovaque approchait, ou était-ce prévu d'avance?


 
Je ne sais pas si c'était prévu à l'avance, mais il est clair que c'est la proximité des armées blanches qui ont précipité les choses.
 
 


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Pierino torna a scuola !
n°47712909
Zeplusoif
Posté le 15-11-2016 à 04:01:42  profilanswer
 

Sidney Reilly, 'Ace of Spies', acteur de la révolution russe:
https://en.wikipedia.org/wiki/Sidney_Reilly


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If fate doesn't make you laugh, then you don't get the joke
n°47990967
Tietie006
Dieu ne joue pas aux dés.
Posté le 09-12-2016 à 18:53:24  profilanswer
 

La biographie de Trotski par Robert Service est assez décevante ...c'est assez narratif et psychologisant. En résumé, Trotski avait un big melon, se croyait supérieur aux autres, souvent à juste titre  :D , et ne ménageait guère ses collaborateurs. C'était un électron libre, pas un homme de parti, d'où la facilité avec laquelle Staline l'a viré. Pacifiste pendant la première guerre mondiale, ce qui l'a rapproché de Lénine, après la rupture de 1903, il a été un formidable chef de l'armée rouge, pendant la guerre civile, un impitoyable stratège qui parcourait la Russie à bord des son train blindée. C'est dans cette période qu'il apprécie la chose et les valeurs militaires, que l'on va retrouver lors du 9eme congrès du PCUS, en 1919 et son concept de "militarisation du travail" qui avait hérissé les syndicats, mais qui s'inscrivait dans sa théorie de la "révolution permanente", expression qui assignait au prolétariat un rôle encore plus important dans un pays arriéré qui n'avait pas connu de phase bourgeoise.


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Pierino torna a scuola !
n°48041783
Tietie006
Dieu ne joue pas aux dés.
Posté le 14-12-2016 à 17:34:23  profilanswer
 

Il y a évidemment, en mars 1921, le même mois que le Xeme congrès du PCUS, la révolte des soldats de Cronstadt, mais aussi l'immense soulèvement paysan dans le Tambov.
A Cronstadt, ce sont les soldats qui furent les premiers soutiens des bolcheviks qui s'insurgent contre la dictature des mêmes bolcheviks. Le pouvoir léniniste puis soviétique a diffamé cette révolte, la comparant à un soulèvement à la solde des forces blanches, ce qui, évidemment n'est pas le cas ! Les revendications des soldats de Cronstadt sont de revenir à une démocratie ouvrière via des conseils élus, de type soviets, et refuser désormais le primat des bolcheviks. Ils demandent aussi la liberté de parole, de presse, de réunion pour les anarchistes et les socialistes révolutionnaires :
 
https://fr.wikipedia.org/wiki/R%C3% [...] _Kronstadt
 
Des revendications incompatibles avec la ligne léniniste, qui imposait que le parti bolchevik ait le monopole de la représentation politique en tant qu'avant-garde (auto-proclamé) du prolétariat. C'est Trotski, le chef de l'armée rouge, qui va noyer la révolte dans le sang, avec à la clé, des milliers de victimes car le parti bolchevik, dans sa logique, ne pouvait souffrir des partis concurrents, même de gauche.
 
Dans le Tambov, la problématique était autre. L'immense jacquerie pilotée par les socialistes révolutionnaires démontrait l'incompatibilité entre la révolution bolchevik et la paysannerie, rétive à toute intervention extérieure. Elle est provoquée par les réquisitions forcées du communisme de guerre. C'est Toukhachevski, fut maréchal de l'URSS, occis par Staline en 1937 qui fut envoyé pour éradiquer cette révolte. Les gaz furent utilisés par l'armée rouge.
 
https://fr.wikipedia.org/wiki/R%C3%A9volte_de_Tambov


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Pierino torna a scuola !
n°48054231
Zeplusoif
Posté le 15-12-2016 à 19:47:22  profilanswer
 

déjà les réflexes soviétiques pour discréditer l'idéologie des révoltes. Le soulèvement "à la solde des forces blanches" sera vite remplacé par le soulèvement "fasciste" qui justifiera les répressions dans le sang de Berlin 1953, Budapest 1956 et Prague 1968. Ou l'intervention en Ukraine de 2014.
Forcément en 1921 on ne pouvait pas encore utiliser l'argument du soulèvement fasciste.


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If fate doesn't make you laugh, then you don't get the joke
n°48084251
Tietie006
Dieu ne joue pas aux dés.
Posté le 19-12-2016 à 11:01:06  profilanswer
 

Zeplusoif a écrit :

déjà les réflexes soviétiques pour discréditer l'idéologie des révoltes. Le soulèvement "à la solde des forces blanches" sera vite remplacé par le soulèvement "fasciste" qui justifiera les répressions dans le sang de Berlin 1953, Budapest 1956 et Prague 1968. Ou l'intervention en Ukraine de 2014.
Forcément en 1921 on ne pouvait pas encore utiliser l'argument du soulèvement fasciste.


 
Le parti léniniste fonctionne sur le mode de la forteresse assiégée avec une idéologie dualiste qui me rappelle les théologies gnostiques (manichéisme, catharisme etc ...)  du Moyen-Age, où les principes du Bien et du Mal s'affrontent. Tout ceux qui remettent en cause le Parti sont forcément des sociaux-traîtres mencheviks ou socialistes révolutionnaires et des suppôts de la réaction blanche. Avec Staline, les qualificatifs seront plus exotiques, avec des expressions comme hitléro-trotskystes, suppôt de la Gestapo et du Mikado et autres joyeusetés !
A noter, en collection U, le livre des époux Sorlin, "Lenine, Trotski, Staline, 1921-1927" (1972) qui décrit la période post-guerre civile. En mars 1921, en plus du fameux 10eme congrès du PCUS qui interdit les fractions, prélude à la criminalisation des oppositions, sous Staline, il y a le premier accord commercial avec une puissance impérialiste, avec le traité commercial anglo-russe (l'URSS fut créée en 1922).  
Cet accord contre-nature a plusieurs raisons :
- l'échec de la révolution européenne avec l'échec de la révolution allemande en mars 21.
- la ruine totale de l'économie russe qui nécessite des capitaux pour se reconstruire ou en tout cas, des relations commerciales avec des pays tiers industriels.
 


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Pierino torna a scuola !
n°48574944
Tietie006
Dieu ne joue pas aux dés.
Posté le 04-02-2017 à 19:07:46  profilanswer
 

Le magazine L'Histoire consacre son dernier numéro aux Révolutions russes de 1917 :
 
http://www.lhistoire.fr/sites/lhistoire.fr/files/parution_parution_image/LHistoire_01842_432_1702_1702_170126_RevolutionsRusses_Couverture.jpg


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